Les low tech sont la clé de la décroissance

Le temps de la civilisation techno-industrielle arrive à son terme (depuis les 1970, on estime que la décennie 2020-2030 sera celles des effondrements. Une thèse qui se confirme au fil des recherches).

La pandémie du Covid-19 et les crises écologiques, économiques et sociales qui se profilent, nous exhortent à transformer notre mode de vie en urgence.

À mes yeux, les right & low tech seront de puissants leviers de transition écologique, de puissants catalyseurs du changement. Je dirais même que les innovateurs low tech sont l’avant-garde de la construction du monde d’après. Car ils posent les fondations d’un modèle plus résilient et plus auto-suffisant.

Un immense potentiel

À l’origine du concept de « right tech », on trouve une volonté de réintroduire l’idée de « limites du progrès technologique ».

Non, la technologie n’est pas toujours une solution. Elle peut être un problème. Et, notamment, elle peut être néfaste pour l’environnement.

En revanche, les externalités positives de certaines technologies méritent d’être mises en valeur. Certaines high tech (vaccins, wikipedia…) méritent d’être préservées, sanctuarisées même. Car leur capacité à répondre aux principales menaces qui pèsent sur l’humanité : la maladie, la désinformation, etc.

Concrètement, le principe de la right tech est de mêler des technologies anciennes et nouvelles pour répondre à l’objectif de décarbonation de notre mode de vie… mais aussi de résilience.

Autre objectif : augmenter l’autonomie des citoyens, afin d’accroître leur pouvoir d’agir sur leurs modes de consommation – notamment de consommation de l’énergie.

Moderniser l’ancien

Engager la révolution du low & slow, est indispensable pour incarner une réelle alternative à l’illusion techno-solutionniste et à l’économie productiviste, qui épuisent nos ressources naturelles et font exploser les inégalités sociales.

Un exemple : la rénovation des bâtiments par une meilleure isolation en matériaux bio-sourcés comme le béton de chaux, les torchis pré-mélangés ou les briques de chanvre. Voilà des matériaux venus du fond des âges, dont le conditionnement a été modernisé pour faciliter leur utilisation. Une façon habile de convaincre les consommateurs (et les pros) que « l’ancien » n’est pas plus compliqué que les « solutions modernes » en ciment ou parpaing !

Je pense aussi aux mini-éoliennes domestiques auto-construites, ou aux chauffe-eau thermiques solaires en matériaux de récup…

Toutes ces « innovations low tech » sont le cœur de la transformation de notre mode de vie. Elles permettent de donner vie au monde d’après… sans engendrer une nouvelle consommation d’énergie grise – celle qui n’apparaît pas dans les stats mais qui est consommée tout au long du cycle de vie de la technologie (pour en savoir plus, j’en parle ici).

La passion triste des algorithmes

Faire le choix des low tech, c’est aussi rompre avec la passion triste des algorithmes et de l’intelligence artificielle.

Avec cette manie d’analyser les datas, de fournir des tonnes de rapports, pleins de prédictions toujours plus précises sur ce que sera l’environnement… Plutôt que de placer toute notre énergie à le sauver. Cette manie de vouloir « régler » le climat, le contrôler par la géo-ingénierie.

Faire le choix des low tech, c’est faire celui de la « défuturation », c’est-à-dire de l’abandon de futurs non-désirables à base de phallus interstellaires et de cyborgs, qui nous mèneraient tout droit à des dystopies dignes d’un blockbuster hollywoodien.

J’irai même plus loin, en disant que le techno-solutionnisme nous détourne de l’objectif de réduction des effets du réchauffement climatique et de la construction d’un mode de vie résilient. N’en déplaise aux fans du nucléaire.

J’ai l’intime conviction que tout discours qui parle d’énergie sans marteler que la sobriété (la dé-consommation) est la seule issue, est à côté de la plaque.

De plus, croire que des technologies « mathématiques » permettront d’anticiper le futur de notre planète est aussi illusoire qu’irresponsable. Il suffit de regarder ce que nous avons fait du PIB, et comment nous l’avons érigé en boussole, en guide, en maître des politiques publiques. (À ce propos, d’autres indicateurs plus pertinents existent. J’en parle ici).

De même, voir la transition écologique à travers le seul prisme de l’innovation technologique est profondément absurde.

Greenwashing

C’est aussi absurde que d’attendre que nos gouvernements se saisissent du potentiel immense des low tech. Obnubilés par la croissance, ils céderont toujours au chant des sirènes cornucopiennes… et s’ils ne le font pas, ils seront rapidement remis dans le droit chemin par elles (comme dans le cas Tsipras en Grèce).

Seule une action citoyenne ambitieuse, valorisant les initiatives de terrain, permettra de déployer les low tech à grande échelle. Il ne faut pas compter sur l’argent public. Il ira vers des green tech, des leurres numériques greenwashés. Il ira vers la R&D et « le déploiement de solutions technologiques et scientifiques grâce à une meilleure maîtrise des mécanismes physiques, chimiques ou encore biologiques, inhérents aux changements climatiques » [source].

C’est toute la difficulté des low tech, que de ne pouvoir bénéficier d’un soutien et d’une diffusion à l’échelle nationale. Cela ralentit leur développement et la transition vers la « décroissance au quotidien ».

Face à l’urgence, un des défis majeurs est celui de la  « publicité » de ces technologies alternatives.

Comment les faire découvrir au plus grand nombre, le plus vite possible ? Telle est la question !

Pour y répondre, la low tech doit s’emparer de tous les sujets de société du moment (pouvoir d’achat, crise du logement, télétravail…) pour y apporter une réponse éthique et durable.

Entrevoir le « monde d’après », c’est admettre que les high tech ne sont plus une solution, mais une (grande) partie du problème. Et qu’une société plus résiliente a besoin de modifier son rapport aux technologies. Il s’agit là du premier pas à franchir, pour prendre conscience de l’immense potentiel des low techs.

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