Si la finance verte est un leurre, où investir son argent?

Dans « L’illusion de la finance verte« , Alain Grandjean et Julien Lefournier révèlent le greenwashing sans scrupule des vrai-faux placements écolos. Mais s’il n’existe pas « d’investissement écologiquement responsable », que faire de son argent ? Et où l’investir utilement pour se préparer au monde d’après ?

Réchauffement climatique, pandémie et inflation des prix de l’énergie… la croissance ne s’en remettra pas.

Pourtant, les marchés financiers, sous perfusion d’argent créé ex-nihilo par les banques centrales (argent magique ?) affichent des résultats radieux. Les « rebonds techniques » s’enchaînent et, après un krach pire que celui de 2008 en février-mars 2020, les marchés ont « vivement rebondi » pour retrouver leur meilleur niveau (un CAC 40 autour de 6.000 points) en mars 2021.

Évidemment, tout le monde se rend compte que cette économie financière est totalement déconnectée de l’économie réelle (tout le monde sauf les économistes ?). On pourrait même parler, comme dans cet édito du Xerfi, de « deux mondes qui cohabitent », sans partager ni les mêmes règles, ni les mêmes buts.

Reverdir leur blason

Les banquiers savent que l’ampleur du fossé entre leur bulle financière et votre monde réel est telle, qu’ils tentent d’amadouer leur public favori (les Young Urban Creatives et les bobos surdiplômés), pour leur vendre des produits financiers « écolo compatibles ».

Dans leur essai L’illusion de la finance verte, Alain Grandjean et Julien Lefournier montrent que ce capitalisme écolo n’est qu’une annexe du capitalisme « à l’anglo-saxonne ».

Un système financier qui n’aura-t-il l’élasticité et la résilience suffisante pour résister aux violents bouleversements socio-économiques qui nous attendent d’ici 2030.

Au bord du précipice

Jeremy Grantham, sorte de Pythie des marchés financiers, confirme ces craintes dans une interview de juillet 2021.

Il y annonce l’explosion d’une série de bulles qui conduira à l’effondrement des marchés financiers. Il a prévu celle du Bitcoin en janvier, dans un billet intitulé « Waiting For the Last Dance« .

Aujourd’hui, ce « bubblologiste certifié » prévoit le dégonflement des bourses mondiales à l’automne 2021. À l’origine de cette explosion, « peut-être un problème de virus, un problème d’inflation ou (…) tout ce qui est inattendu ! Une vingtaine de choses différentes auxquelles vous n’aviez même pas pensé vont surgir. Et vous n’aviez aucune idée de leur existence« . Le choc va toucher les taux d’intérêt, la valeur des actions, des logements et des matières premières non énergétiques…  Et de conclure : « cette bulle est réelle. Et tout le monde peut la voir. C’est aussi évident que le nez au milieu de votre visage« .

Économies zombifiées

Les économies occidentales sont déjà des « économies zombies« . Des économies où le chiffre d’affaires des entreprises ne couvre pratiquement plus les charges de leurs dettes. Des économies où la dette publique maintient en vie des secteurs non viables, dopés par les subventions publiques et les largesses des banques centrales.

Une histoire permet de comprendre l’absurdité du capitalisme contemporain : celle d’Elisabeth Holmes. Qualifiée de Steve Jobs de la santé, elle « lève des milliards de dollars » sur la simple promesse de développer une machine révolutionnaire de tests biologiques… Machine qui n’a jamais existé ! Des milliards ont été investi dans un mensonge, par une finance qui ne s’intéresse plus à la réalité. Et son cas n’est pas rare : la société Nikola a aussi levé des milliards sur la promesse fallacieuse de créer un camion électrique sans chauffeur. Dans la Silicon Valley, on dit « fake it until you make it« . Mentez jusqu’à y arriver. Ce monde, c’est du bullshit !

« Faites le peu que vous pouvez faire pour préparer l’avenir, c’est-à-dire avoir d’excellentes infrastructures et un excellent système éducatif ! ». Voilà ce que recommande Jeremy Grantham. Bref, il appelle à reconstruire des communs, plutôt qu’à spéculer sur des innovations.

De son côté, la Deutsche Bank a récemment écrit à ses clients les plus fortunés que les meilleures années de la mondialisation financière étaient derrière nous. Et qu’à cette ère de prospérité (pour eux), succédera bientôt une « ère du désordre ». Un effondrement progressif du capitalisme financier auquel ces grandes fortunes doivent désormais se préparer ! 

Mais constater la folie du capitalisme contemporain ne suffit plus.

Pour comprendre la nécessité de changer de paradigme économique, il faut aller plus loin. Il faut descendre dans le cœur de la matrice.

Notre mode de vie est une utopie

Je n’ai quelques lignes pour briser des décennies de bourrage de crâne et provoquer une prise de conscience douloureuse sur l’avenir de notre si cher way of life. Donc, je ne vais pas y aller par quatre chemins.

Tout ce qui nous entoure, nous habille, nous éclaire et nous nourrit… est le produit d’une industrie et de hautes technologies. Nous vivons donc dans une civilisation techno-industrielle. Et cette civilisation repose sur 3 mythes.

  • Celui d’un progrès continu et infini.
  • Celui d’un homme maître et possesseur de la nature.
  • Celui d’une énergie infiniment abondante et pas chère.

Ces trois mythes sont sur le point de s’effondrer.

  • Le progrès (que l’on confond trop souvent avec le progrès technologique) est limité par l’insuffisance de ressources.
  • Notre maîtrise de la nature est contredite par notre incapacité à contrôler le réchauffement climatique que nous avons provoqué.
  • Les énergies fossiles – et les ressources naturelles en général – se font de plus en plus rares ou chères.

L’ère de la croissance par le progrès technologique est révolue

Vous êtes surpris ? Pourtant, ça fait 50 ans que tout le monde sait !

Cela fait 50 ans que des climatologues, comme le britannique John Beddington, préviennent : « sans un changement rapide des comportements individuels et collectifs, nous allons vers un effondrement écologique et économique global ».

Ça fait 50 ans que les ONG écolos s’alarment d’une 6è extinction des espèces, dont la rapidité serait 100 à 1 000 fois supérieure aux ères précédentes.

Ça fait 50 ans que le « jour du dépassement » tombe de plus en plus tôt dans l’année. En 1971, c’était le 24 décembre. En 2019… le 29 juillet. Le confinement mondial lié à la crise du Covid-19 n’aura reculé cette date que de 3 petites semaines !

Jusqu’ici, tout allait bien. Les climatologues pensaient que les températures globales ne s’élèveraient que de 1,5 voire 2°C maximum, autour de 2050. Et que les problèmes seraient pour après : 2100 c’est loin ! D’ici là, on avait bien le temps de réduire nos émissions et de sauver tout le monde. Oui, mais ça, c’était avant.

Au début des années 2010, le discours du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) s’est fait de plus en plus alarmiste. La communauté scientifique a rapidement constaté que ses projections sous-estimaient les phénomènes à l’œuvre.

Car le réchauffement climatique est entré dans une phase d’emballement.

Les sols se réchauffent deux fois plus vite que l’atmosphère. Les vagues de chaleur causent des pics de consommation d’énergie. Les méga-feux de forêt privent la planète de ses poumons (l’Amazonie émet plus de carbone qu’elle n’en capte). La fonte du pergélisol libère du méthane. L’acidification des océans menace les planctons qui jouent un rôle de pompe à carbone…

Bref, chaque dérèglement renforce les autres, accélérant le processus de réchauffement, tout en réduisant les capacités de la planète à le ralentir.

À ce rythme, selon les projections du GIEC mises à jour en 2019, les écosystèmes terrestres et les humains seront gravement touchés bien avant 2050. Nous irions plutôt vers un réchauffement planétaire moyen de 2 à 3,5°C d’ici 2050 et, dans le pire des scénarios, à +7°C à l’horizon 2100. Mais les effets de ce réchauffement seront lourds de conséquences dès 2030 et même dès aujourd’hui.

Le système économique mondial pourra-t-il longtemps résister à des canicules de 55°C, aux catastrophes naturelles incessantes (feux, inondations, sécheresses…), à l’épuisement des énergies fossiles, à la dégradation des rendements des terres cultivables, à la multiplication des accidents industriels, à la disparition des poissons, à l’apparition de nouveaux virus, à l’engloutissement de régions entières du globe et à la disparition des animaux sauvages ?

Non.

« Cela éliminera les fondements de notre civilisation industrielle », comme l’annonce Dennis Meadows.

Deux chemins s’offrent à nous

Le premier nous conduit à diviser par 3 notre consommation (au sens large), afin de réduire nos émissions de gaz à effets de serre. Une solution aussi violente pour nos économies qu’un « confinement  serré » de plusieurs mois.

En effet, pour atteindre l’objectif de zéro émissions de G.E.S, notre consommation d’énergies fossiles doit diminuer de 5 % par an. Dans ces conditions, il est mathématiquement impossible de maintenir une quelconque « croissance ».

La preuve : les seuls années dans l’histoire moderne où les émissions de G.E.S ont diminué de 5 %, sont les années 1932 (suite à la crise de 1929), l’année 1945 (suite à la destruction des industries allemandes et japonaises) et l’année 2020 (suite aux confinements liés au COVID-19).

Le second conduit au scénario catastrophe dont je viens de vous parler.

Or, que l’on choisisse l’un ou l’autre de ces scénarii, cela nous conduira inéluctablement à la fin du monde tel qu’on le connaît.

C’est-à-dire à la fin de ce système économique globalisé et du mode de vie techno-industriel qui va avec.

Dans tous les cas, c’est l’effon-dre-ment.

Il n’y a pas d’échappatoire.

Ceux qui croient, comme Rex Tillerson, ingénieur, ex-PDG d’ExxonMobil et ancien secrétaire d’État de Donald Trump, que « le réchauffement climatique est un problème d’ingénierie qui requiert des solutions d’ingénierie », sont dans le déni.

Fabriquer des fusées pour Mars, des bidules pour manipuler le climat, ou des smart cities gouvernées par des intelligences artificielles est absurde. J’ai tenté de le montrer dans une enquête sur les folies de la géo-ingénierie.

La « croissance verte »  est un leurre

Au cœur du concept de « croissance verte » se trouve la possibilité d’un découplage entre 

  1. l’augmentation de la production,
  2. la hausse des émissions de CO2,
  3. la consommation de ressources naturelles.

Mais, 80 % de la production économique mondiale dépend encore du pétrole, du gaz et du charbon. Aujourd’hui, le découplage absolu est irréaliste, comme l’a démontré un excellent topo publié par le Casabee en 2015.

C’est pourquoi, la plupart du temps, le découplage mis en avant par les industriels ou les financiers est partiel, voire artificiel. On se contente de déplacer ou d’externaliser l’impact environnemental vers un autre pays ou une autre industrie. L’exemple type est celui de la voiture électrique dite « zéro émission »; mais dont la production ne l’est évidemment pas.

Pour autant, vous avez encore le choix.

Le choix entre un effondrement subi et un effondrement choisi. Le choix entre la décroissance volontaire et… la catastrophe économique imprévisible.

Un sacré choix économique et politique. Celui de transformer le système « par le bas », en changeant de mode de vie avant qu’il ne soit trop tard. Un choix porteur d’espoir. L’espoir que l’effondrement se transforme en un futur durable et désirable.

Seule la déconsommation est verte

Les logiques, les théories et les indicateurs qui gouvernent notre modèle économique sont obsolètes, au regard du monde qui vient. Il est, en effet, temps d’abandonner le PIB pour d’autres indicateurs !

Mais alors par quoi remplacer la « croissance verte » ? Eh bien, par la seule perspective écologiquement viable : la réduction de la production. Ce que l’on nomme généralement décroissance… Mais que je préfère nommer « déconsommation ». On peut aussi parler de dés-innovation, de post-croissance, de redirectionnisme, de low-tech, ou d’économie du renoncement.

Problème : quel que soit son nom, cette perspective conduira inévitablement à l’auto-destruction du système économique actuel.

Pour un investisseur, le choix est simple : tenter de conserver son patrimoine dans une économie en déliquescence, ou anticiper la chute et s’adapter progressivement.

Face à ce choix, la plupart des entrepreneurs, des investisseurs et des épargnants choisissent le conservatisme au changement. Pourquoi ?

D’abord par manque d’information et par aversion au risque.

On croit que changer est risqué. Alors que, face aux réchauffement climatique, le principal danger est de ne rien faire.

Ensuite, nous avons un problème de motivation psychologique.

Il nous est très difficile de concevoir un avenir qui ne soit pas meilleur. De nous auto-limiter et de refuser « l’appel de la puissance ». Notre vision du progrès humain se confond avec le progrès technologique. Et nous ne parvenons pas à concevoir un futur sans progrès. Notre imaginaire est manichéen : entre le techno-cocon science-fictionnel et la dystopie cyberpunk, il n’y aurait pas de troisième voie.

Et pourtant !

Le seul produit qui ne pollue pas est celui qu’on ne consomme pas.

Ne vous laissez pas empapaouter par les promesses des « green bonds », les labels Greenfin, les consultants en stratégie climat, les projets « d’upcycling », de greentech ou cleantech, ni par l’impact investing, la neutralité carbone, la taxonomie verte européenne, ni même la RSE.

Il ne s’agit pas là d’écologie, mais de marketing et de greenwashing. Souvenez-vous que l’adage de la silicon valley est « Fake it until you make it ». Un monde où la plupart des décisions d’investissements sont basées sur des promesses mensongères. Il suffirait de soumettre ces projets à une comptabilité en triple capital (économique, environnemental, social) pour révéler que le coût social et écologique de la plupart de ces projets est incompatible avec l’objectif d’une économie soutenable.

Pour aller plus loin, je vous recommande la lecture du rapport Is Green Growth Possible ? publié par l’European Environmental Bureau en 2019. Ainsi que l’étude des théories autour de la « Doughnut Economy ».

Le piège des placements de « bon père de famille »

C’est bien connu, les Français ont un comportement d’investissement ultra-frileux, essentiellement orienté sur le livret A, l’assurance-vie, l’immobilier et l’achat d’or.

Je vais vous montrer pourquoi ces placements vont devenir de plus en plus risqués.

Le Livret A ? La fonte de sa rémunération en fait un placement à intérêt négatif. Sa seule utilité est d’assurer un matelas de sécurité financier de quelques milliers d’euros.

L’assurance-vie ? Le secteur des assurances est déjà en mauvaise posture. Il le sera de plus en plus avec le changement climatique et la multiplication des catastrophes naturelles. Moins rémunérateurs, plus risqués et plus fiscalisés, ces placements perdent en attractivité.

L’immobilier ? Si vous achetez pour louer, les crises économiques auront peut-être raison de vos loyers. Par ailleurs, en matière de crédit immobilier, la France est un des rares pays à permettre aux emprunteurs de devenir immédiatement propriétaires de leur bien dès la signature du prêt. En France, pas de prêt hypothécaire. Du moins, pas encore.

L’or physique ? Les moins de 25 ans sont très nombreux à penser qu’acheter de l’or est le meilleur moyen d’épargner son argent. Pourtant, l’histoire des conflits récents, en Europe de l’Est ou au Proche et Moyen-Orient, nous apprend que les métaux précieux ne servent pas vraiment de monnaie d’échange en cas de crise. Croire que les métaux précieux seront faciles à écouler et négociables à bon prix en cas de crise majeure est une vue de l’esprit inspirée du Far West américain. Cette nouvelle mode de l’or en barre vient d’ailleurs des États-Unis et de sociétés spécialisées dans la vente de pièces d’or et d’argent au prix de gros, ou encore « d’or papier ».

Un temps, les crypto-monnaies (Bitcoins, Tethers, Litecoins…) ont remplacé les métaux précieux. Problème : ces monnaies virtuelles ne doivent leur existence qu’au bon fonctionnement de super-serveurs informatiques extrêmement gourmands en électricité et en eau (pour leur refroidissement).

Bref, ce ne sont pas des technologies soutenables. Autre faiblesse : un gouvernement peut très aisément bloquer, du jour au lendemain, leur conversion en monnaie courante.

Dans ce contexte, votre épargne est lentement grignotée par l’inflation (plus forte que les taux d’intérêts), la hausse de la fiscalité, et pourrait subir demain les effets de taux négatifs ou d’une hyper-inflation.

Face à ce constat, comment investir dans l’avenir ?

Comment investir pour profiter des mutations profondes de la société ? Où (dé)placer son argent ? C’est à cette question que je tente de répondre dans ma formation « Entreprendre et investir pour le monde d’après. »

J’y évoque les solutions concrètes et actuelles pour réaliser des investissements éthiques, utiles et durables. J’explore aussi les secteurs et les d’avenir dans lesquels vous pourriez envisager une reconversion ou un investissement. La formation se divise en 3 parties :

1-une introduction sur l’avenir du capitalisme et du système financier dans un contexte de krash climatique.

2-je vais vous aider à fixer de nouvelles priorités pour votre épargne et/ou vos projets d’investissements… En sortant le plus possible des sentiers battus ! 

3-quatre questions, dont les réponses vous permettront de dessiner des perspectives concrètes pour l’avenir.

Retrouvez la formation en version ebook au prix de 2,99 €. Pourquoi ce tarif rikiki ? Tout simplement parce que mon objectif n’est pas de faire du pognon. Mon but est de transmettre un message d’alerte sur les risques d’effondrement de notre mode de vie. Et d’aider le plus grand nombre à se préparer au « monde d’après ».

Mais alors, pourquoi cette formation n’est pas gratuite !?, me demanderez-vous. Tout simplement parce que les ventes de cet ebook me permettent d’autofinancer ce site web et certaines activités (création de vidéos, de podcasts, déplacements pour faire la formation en présentiel, etc…).

D’ailleurs, si vous souhaitez  me voir intervenir lors d’un événement, vous pouvez m’écrire à jacques@escapethecity.life !

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