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Dépasser l’éco-anxiété : témoignages et conseils

éco-anxiété solution

Reprenez le contrôle : l’éco-anxiété peut consumer votre vie… mais il y a toujours une porte de secours. J’ai demandé à plusieurs psys de me la montrer.

Suite à l’envoi d’une newsletter particulièrement catastrophiste (celle-ci), j’ai reçu de nombreux messages de lecteurs évoquant leur éco-anxiété. J’avais déjà écrit un article assez général sur le sujet. Intitulé « Vivre avec un éco-anxieux, mode d’emploi », il était inspiré de témoignages.

Mais je n’étais pas allé au fond des choses.

C’est désormais chose faite ! Grâce à des échanges avec des lecteurs éco-anxieux et des thérapeutes, je suis parvenu à construire une réflexion qui, je l’espère, pourra en aider plus d’un(e).

Tous éco-anxieux ?

Tous les écolos sont (un peu) éco-anxieux. C’est d’ailleurs une des raisons pour lesquelles ils sont écolo. Beaucoup se sentent dans un entre-deux et vivent une forme de crise identitaire.

Oui, mais tout le monde ne souffre pas d’une “dépression écolo”. Nous sommes nombreux à sentir qu’une montagne de catastrophes nous menace. Mais nous ne vivons pas tous chaque journée comme un traumatisme. Pourquoi ? Parce que ce qui nous appelle ailleurs n’est pas la peur; mais l’espoir.

Qu’est-ce qui vous distingue d’un éco-anxieux ? C’est simple ! Quand vous lisez  un titre de presse du genre “D’ici 2030, plus d’1 à 3 milliards de personnes souffriront de la famine“, vous vous dites que ces “1 à 3 milliards d’être humains” ce sont… les autres. Un éco-anxieux, lui, comprend : “d’ici 2030, je souffrirai de la famine et 3 milliards de personnes avec moi… et ce sera ma faute“. Objet VS sujet. Vous voyez le topo ?

Alors, à partir de quand l’éco-anxiété devient handicapante ?

Quand on va au supermarché en ayant l’impression d’entrer en enfer. Ou, quand on fait une crise de panique en regardant le JT. Mais aussi, quand on a envie de chialer dès qu’on entre dans une voiture ou qu’on allume le four… parce qu’on a l’impression de tuer un bébé ours polaire de ses propres mains.

Vous êtes sur la bonne voie !

Si vous avez atterri sur cet article, c’est que vous avez mis un mot sur votre souffrance.

Alors, réjouissez-vous : beaucoup souffrent sans savoir de quoi ils souffrent. Vous, vous avez mis un mot sur vos maux.

Et c’est déjà beaucoup.

Maintenant vous savez contre quel ennemi lutter. Et vous avez conscience que vous avez besoin d’aide.

Reprendre le contrôle de votre corps

Pour ce qui suit, je vais tenter d’éviter le « ya ka fo kon » et la liste de conseils.

Je ne pense pas qu’on puisse « hacker » sa vie, comme on peut growth-hacker son instagram.

Par contre, mes conversations avec des thérapeutes m’ont fait comprendre qu’il ne fallait pas se contenter de soigner « sa tête ».

Tout commence par soigner son corps.

Eh oui, votre esprit n’est pas indépendant de votre corps. En réparant ce dernier, vous commencez à réparer votre psyché.

J’ai lu qu’un peu d’activité « intense » (avec forte hausse du rythme cardiaque) permet de bénéficier d’un shoot de sérotonine, d’acide gamma aminobutyrique et d’endocannabinoïdes. De puissants actifs neurochimiques anti-anxiété.

Réfléchissez donc à une façon de mettre votre cœur à l’effort : vélo au lieu de métro, jardinage intensif, course à pied, self-defense, piscine…

Cet effort physique doit vous faire sortir de votre maison ET de votre train-train. Pas nécessairement dans « la nature sauvage ». Mais juste de prendre l’air. Le long d’un parcours, ou sur le chemin d’un espace sportif. Autrement dit : ne passez pas de votre télétravail au salon, à une salle de gym souterraine, via le métro. Sur le mode anxiogène, on fait pas mieux !

Et si vous faisiez un régime ?

Ce qu’on met dans son corps est aussi important que ce qu’on met dans sa tête.

En écoutant les éco-anxieux, j’ai noté qu’ils étaient souvent en conflit avec leur estomac. Certains ont du mal à gérer leur passage au véganisme, ou à un régime qui les prive de certains produits trop lointains (avocats, chocolat, banane). D’autres se mettent à cuisiner moult gâteaux, cookies et sucreries, ou des plats gras et régressifs. Plusieurs se sont découvert des intolérances alimentaires au soja, aux amendes, etc. D’autres, enfin, détestent le thé… mais s’obligent à en boire à la place du café.

Bref, demandez à vos proches si quelque chose cloche dans votre alimentation, écoutez votre corps et faites les ajustements qu’il demande !

Reprendre le contrôle de votre esprit

Où est l’éco-anxiété ? Dans la pièce, dans l’eau, dans votre poche ? Non. Elle est dans votre tête. Mais n’en est pas moins réelle pour autant.

Premier effort : s’éloigner des écrans.

Chaque jour, établissez des « temps sans écran » : heures des repas, coucher, sport… Comme je l’explique dans ma formation “Réussir sa transition vers une vie simple et autonome“.

Second effort : méditer.

Cela peut vous sembler un temps perdu. Mais vous ne le regretterez pas. Ne méditez ni au réveil, ni au coucher. Le mieux : vers midi, ou en fin de journée. Pour savoir comment s’y mettre, voici le podcast qui m’a aidé à ne plus trouver ça chiant.

Troisième effort : voir un thérapeute.

C’est souvent un effort financier, mais il est incontournable. Démarrer un journal intime peut aider à retrouver un élan. Cependant, on peut se perdre dans les souterrains de l’oubli et du refoulé. Vous ne pourrez vous en sortir sans l’aide d’un guide. 

Et si votre thérapeute ne vous aide pas assez… changez-en ! Vous avez le droit, même si vous avez effectué une forme de transfert sur lui et même si un lien affectif s’est créé entre vous.

Lire Spinoza ? Et pourquoi pas ! Je vous recommande Le Miracle Spinoza de l’essayiste Frédéric Lenoir. Il y résume parfaitement la philosophie de Spinoza : une ode à la sagesse et la joie pour s’émanciper de ses “passions tristes” (la peur, la tristesse, la haine, l’envie). Une pensée écolo aussi, qui place la nature au cœur de tout et en fait un Dieu presque animiste.

Affronter l’éco-anxiété : passez à l’action !

Un des premiers actes fort d’une cure consiste à “briser le(s) tabou(s)”.

Premier tabou : faire “son coming-out collapso” auprès de ses proches. J’ai d’ailleurs écrit un article sur le sujet, intitulé : “Ils ont fait leur coming-out collapso au bureau. Et leur témoignage en dit long“. Cela pourra peut-être vous inspirer.

Second tabou : accepter “d’être en deuil de la planète“. J’ai trouvé cette idée dans le dernier livre d’Enki Bilal, intitulé L’Homme est un accident (2021). On y lit : “J’ai fait le deuil du monde, autrement dit je n’en attends plus rien. Quand tu fais le deuil de quelque chose, tu estimes que tu as perdu cette chose et tu acceptes qu’elle ne reviendra pas. Je pense que nous avons causé trop de dégâts à la planète et je crois qu’il est impossible de réparer ces dommages. Nous perdons ainsi des espèces animales à jamais. Nous perdons aussi des écosystèmes naturels. Alors, je constate cela en me disant que je ne les reverrai plus. Ce deuil du monde s’est produit il y a quelques années maintenant. À ce moment là, j’ai atteint une forme de sérénité qui va de pair avec là mélancolie. Là sérénité vient du fait que tu ne cherches plus à t’inventer des histoires pour masquer là réalité, tu sais ce que l’Homme est en train de réaliser, et aussi révoltant que cela puisse être tu l’acceptes. Tu l’acceptes en sachant que tu fais aussi partie de cette humanité“.

“Faire” de ses mains, pour désamorcer le sentiment d’urgence.

On est moins anxieux quand nos mains et notre esprit sont occupés à une tâche concrète. Agir utilement et avec les autres : voilà un moyens efficace de se libérer de son éco-anxiété, selon de nombreux témoins.

En revanche, Je ne pense pas que suivre un stage de survie bushcraft soit une bonne thérapie. Le survivalisme désigne la nature et les autres humains comme des choses hostiles. Et vous n’avez vraiment pas besoin de ça.

Dans un premier temps, évitez aussi l’action militante, journalistique ou politique : vous serez 24/24h le nez dans l’actu la plus angoissante qui soit. Vous pourrez vous y coller plus tard !

Par contre, beaucoup d’anciens éco-anxieux ont été aidés par la participation à un jardin partagé, l’implication dans un chantier d’isolation de leur appartement, de construction d’une cabane, d’une tiny house ou la rénovation d’une maison de campagne.

Et puis, qui sait, votre bifurcation passe peut-être par un centre d’apprentissage en menuiserie ou maçonnerie traditionnelle !

Entamer une activité artistique (dessiner, écrire, peindre, chanter) est une aide. C’est indéniable. Mais cela ne suffit pas.

Votre activité doit vous libérer, vous plonger dans l’instant, vous permettre de créer des souvenirs et des émotions positives.

Mais elle doit aussi être une action tangible, visible, physique et collective. Pourquoi ?

  • Pour vous libérer de votre sensation d’impuissance en vous prouvant à vous-même que vous pouvez faire,
  • vous montrer, en regardant les autres, que l’on peut accueillir sereinement le changement et apprivoiser l’incertitude,
  • et vous décentrer de vous-même.

Envie d’aller plus loin ? Je vous recommande cette conférence avec le psy Pierre-Eric Sutter intitulée “de l’éco-anxiété à la réinvention du monde“. Une fois que vous l’aurez regardée, mettez votre smartphone dans un tiroir, sortez faire un tour et prenez rendez-vous avec un thérapeute !

Vous n’êtes pas malade. Vous êtes juste une personne normale dans un monde malade.

Vous connaissez ma devise ? “Quand souffle le vent du changement, certains élèvent des murs, d’autres des voiles.”

Et vous ?

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