design en permaculture
Design d'un jardin normand

Comment créer son potager en permaculture ?

Avant de vous lancer dans la création d’un jardin en permaculture, mieux vaut connaître les bases du design permacole. Justement, les voici ! 

Si vous pensez que la permaculture est un label de jardinage, comme peut l’être le label “bio”, vous vous fourrez le doigt dans le tronc jusqu’à la racine. C’est pourquoi, je vous recommande de lire ce qui suit.

Pour les autres, vous pouvez directement vous rendre à la 2è partie, sans passer par la case départ, ni toucher les 20 000. 

La permaculture pour les nuls

Aux origines de la permaculture, on trouve une idée et un constat.

L’idée : on ne peut pas vivre au-dessus de nos “moyens naturels”, nous ne pouvons pas consommer au-delà de ce que peut nous offrir la nature. Ce n’est pas soutenable. L’avidité n’est pas un mode de vie durable.

Le constat : l’agro-chimie industrielle à base d’engrais détruit nos sols et notre santé. Pour vous en convaincre, je vous convie à écouter cet intervention épiphanique du dernier microbiologiste des sols au monde : Claude Bourguignon, qui vous explique le cycle de la vie des sols… et pourquoi l’agrochimie les tue ! 

 

La permaculture est plus une philosophie, un lifestyle, qu’une science.

C’est un mode de vie où l’on agit avec la nature et non contre elle. C’est aussi l’alliance de savoirs traditionnels des anciens et de découvertes scientifiques récentes. Est “permaculteur” celui ou celle qui vit en harmonie avec son environnement et cherche l’auto-suffisance.

Pour en savoir plus, je vous invite à parcourir notre article Tout comprendre à la permaculture en 2 minutes.

Lire aussi : Mangas et permaculture

Au travail  ! Designer son potager en permaculture

Attention, ce design n’est pas qu’un dessin,  mais un dessein. Oulah. Bon, on recommence.

Disons que la permaculture est une ligne de conduite. Bref, c’est un plan, aussi bien au sens de cartographie que de planification. Et ce plan obéit à certaines règles que voici, que voilà. 

  • Tout part de l’observation de la nature. 

Le permaculteur imite la nature. Il ne se lance pas avant d’avoir passé du temps dans son jardin, avant d’en connaître les cycles de l’eau, la course du soleil, l’orientation des vents dominants, le type de sol… pour vous aider à maîtriser tout cela, je vous recommande la fameuse Révolution d’un brin de paille (ici en PDF) de Masanobu Fukuoka, père de la permaculture (même s’il n’en a pas inventé le nom).   

  • Chaque élément remplit plusieurs fonctions en même temps.

Par exemple, les poules fournissent des œufs, mais travaillent aussi le sol avec leurs pattes et le fertilisent avec leurs fientes, tout en mangeant nos restes de cuisine. Une fois passé ce “galino-tracteur”, il suffit de reprendre possession de ce terrain riche et d’y cultiver ! Le poulailler nous a fourni du fertilisant, a recyclé nos déchets et travaillé notre sol… magique !

  • Chaque fonction est remplie par plusieurs éléments.

Pour rester sur le thème des poules, je dirais “on ne met pas tous ses œufs dans le même panier“. Par exemple, pour fertiliser mon sol, je ne dépends pas du fumier des chevaux du voisin. J’ai plusieurs intrants : le compost de mes déchets de cuisine, mais aussi des engrais verts et du fumier d’orties. 

  • Toujours préserver les capacités du sol.

Laissez reposer la terre, donnez lui de quoi manger, après qu’elle vous ai donné de quoi remplir votre estomac ! N’oubliez pas que la nature fonctionne selon un principe de cycles : les légumes deviendront des déchets, qui seront compostés, puis transformés par les micro-organismes, puis apportés au sol pour nourrir les plantes et créer de nouveaux légumes… la boucle est bouclée.

Idem avec les graines reproductibles : quand vous cueillez 10 tomates ou 10 patates, gardez-en 2, coupez-les, replantez-les, elles donneront de nouveaux fruits, etc… C’est l’histoiiiiiire de la viiiiiiie.

Lire aussi : Mangez vivant ! Semez des graines libres !  

  • Optimiser chaque ressource.

Ne mettez pas les tomates à l’ombre et les choux au soleil ! Rapprochez de votre maison les cultures qui ont besoin d’attention (les herbes) et éloignez celles qui se débrouillent toutes seules (les patates).

Evitez les « trappes à énergies » : ne vous fatiguez pas pour rien ! Pour cela, veillez à travailler sur une petite échelle. Oubliez l’ambition ! Prenez votre temps. Et veillez à donner à chacun (et à chaque plante) selon ses besoins (en eau, engrais…).

Autre conseil avisé : ne gaspillez pas l’eau. Récupérez les eaux de cuisson, les eaux de lavage… 

  • Favoriser les interactions entre les éléments.

Les permaculteurs parlent souvent “d’effets de bordures“. Les agro-écologistes ont constaté qu’entre deux zones (terre et mer, ombre et lumière, forêt et plaine) les espaces bénéficiaient des avantages des deux. Un exemple : si les champignons poussent près des troncs, c’est parce qu’ils profitent de l’ombre des arbres qui préservent l’humidité du sol, même s’ils peuvent profiter de la lumière qui traverse les feuilles.

Quand vous dessinez un jardin, privilégiez les tracés sinueux, les courbes, qui suivent des éléments naturels de l’environnement, plutôt que poser des lignes droites “forcées”. Certains parlent de jardins en forme de “trou de serrure”, de “goutte” ou de “fer à cheval”, qui favorisent le fameux effet de bordure.

De même, favorisez les associations de plantes : certains légumes sont aidés par d’autres, mais aussi par la présence de fleurs, d’herbe ou d’un arbre fruitier. Côte à côte, ils interagissent de manière vertueuse, se transmettent des nutriments, créent un microclimat fertile…

Pour connaître les bonnes associations, je vous recommande ce document assez simple et complet. 

  • Se dire que “le problème est la solution” (une phrase de Bill Mollison, un des pères de la permaculture contemporaine).

Autrement dit : les problèmes n’existent pas.

Un exemple concret de mise en pratique de cette formule : quand j’ai démarré mon potager, j’étais inquiet par la présence de lierre qui couvrait le sol. Je me disais : la plante est un parasite qui pompe l’énergie de la terre et l’épuise… Mais avant de me jeter sur lui et de l’arracher, je me suis renseigné. Et j’ai découvert qu’au contraire, le lierre jouait un rôle de mulch naturel (de couverture végétale) qui protégeait ma terre durant l’hiver. Car cette plante vit à contretemps : elle se développe en hiver et meurt en été. Justement, je pourrais profiter de son travail hivernal pour récupérer une faune sousterraine protégée, et bien nourrie par les feuilles mortes tombées en automne et “compostées” durant l’hiver. Merci le lierre !

Petit conseil autour du mulch : ne jamais laisser le sol nu. Il faut toujours le recouvrir, soit d’un gazon, ou de tonte de gazon, ou bien de paillage. Sans quoi, il s’assèche et meurt. 

Alors que les problèmes du monde sont de plus en plus compliqués, leurs solutions sont honteusement simples”. Bill Mollison.

Alors, par où commencer ?

Etape 1 : passez du temps dans votre jardin, repérez son “fonctionnement”

Où pleut-il, où vente-t-il, où y-a-t-il le plus de lumière dans la journée, ma terre est-elle argileuse ou limoneuse, etc…

Etape 2 : définir 5 zones de culture différentes

La zone 1 est la plus proche de votre maison. On y place la serre, les plantes qui demandent de l’attention. La zone 5 est la plus éloignée. On y plante les arbres, on y laisse une friche, pour permettre à la faune et la flore de se développer librement.

Etape 3 : créer une forêt comestible

Comme Monsieur Bourguignon vous l’a expliqué (cf plus haut), le meilleur espace pour cultiver c’est une forêt ! Oui, mais pas une forêt vierge, où la lumière ne passe plus. Non, plutôt une forêt “comestible”, avec un sol couvert de feuilles mortes, entouré d’arbres courts et de grands arbres, qui fonctionnent en symbiose.

Avec ce genre de “forêt comestible”, vous obtenez un système capable de se régénérer et qui produit aussi bien des noix que des fruits, des fleurs, des racines, des légumes et des herbes médicinales !

Alors comment qu’on fait ? J’ai dégoté pour vous la meilleure vidéo sur le sujet, par le Master de la forêt-jardin, Sir Martin Crawford, dont je vous recommande l’ouvrage (le must have en la matière, selon moi).

Etape 4 : créer des “buttes” ou “lasagnes” de culture

Alors, butte ou lasagne, c’est la même chose… même s’il y a plusieurs façons de le faire. 

On commence avec le youtubeur chouchou des permaculteurs, j’ai nommé Damien Dekarz.

Et on complète avec cette vidéo un peu longuette, mais très complète. Mais un peu longuette quand même. 

 

Voilà, vous êtes paré. Ah, oui, un dernier conseil avant de vous y coller : prenez soin de votre corps et notamment de votre dos, hein. L’échauffement et l’étirement, ça fait aussi partie du mode de vie du permaculteur-résilient ! 

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