écologie et philosophie

Ces 4 leçons de philo vous aideront à traverser l’effondrement

Voici comment les penseurs du passé peuvent vous aider à survivre au monde d’après.

Le COVID-19, des méga-feux de forêts, des inondations, des crises économiques, Trump qui s’accroche, des conflits qui éclatent… pire qu’un jour sans fin. Comme un tube de Nine Inch Nails ou de Radiohead qui n’en finirait pas (comme cette version de Pyramid Song, ralentie 800 fois !).  

Mais rassurez-vous : ce que nous traversons maintenant, l’humanité l’a déjà vécue (en pire) par le passé. Et de ces jours sombres sont nées des pensées lumineuses, qui pourront éclairer notre chemin vers le monde d’après. Ecoutons les paroles de quelques grands philosophes.

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Albert Camus : il faut imaginer Sisyphe heureux !

Châtié pour ses crimes, Sisyphe a été condamné par Zeus à rouler un rocher jusqu’au sommet de la colline du Tartare, au fin fond des enfers.

Mais, dès qu’il atteint ce sommet, le rocher retombe tout en bas. Et le condamné n’a plus qu’à tout recommencer. Pour l’éternité. Le bullshit job parfait. 

sisyphe mythos

Albert Camus s’empare de ce mythe, et l’étire jusqu’à l’absurde, en se demandant si Sisyphe ne serait pas heureux, malgré tout.

Pour lui, nous pouvons trouver de la joie, même face aux tâches les plus ardues et dans les temps les plus durs. Pour Camus, être en joie, malgré tout, est le plus bel acte de rébellion. C’est notre ultime pouvoir. Notre bras d’honneur au destin.

Bref : ne soyez pas heureux parce que tout va bien. Soyez heureux parce que les autres ne le sont pas. Pour les fans, une petite vidéo sur cet ouvrage d’Albert Camus.

Jean-Paul Sartre : vous avez toujours le choix !

La vie vous impose des choses que vous ne pouvez pas contrôler, mais vous avez toujours le choix de la façon dont vous allez vivre cela,” nous dit la philosophe-chanteuse-karateka Céline Dion. Je sais, ce n’est pas Jean-Paul Sartre. Mais ce n’est pas loin !

Sartres écrit “nous sommes nos choix !“. Et c’est la meilleure réplique au fameux : “c’est comme ça, on peut rien y faire !

Le “c’est comme ça”, est, en réalité, une servitude volontaire. Une prison, dans laquelle on s’enferre soi-même pour se libérer du fardeau de nos responsabilités. “On ne peut rien y faire” : c’est l’excuse de celui qui ne veut pas prendre le risque de vivre.

En sachant que nous avons TOUJOURS le choix, on prend conscience de sa liberté. C’est vrai, certains choix ne sont pas faciles. Tout quitter pour refaire sa vie est un choix presque impossible. Mais il existe. Et le faire est le seul moyen de vivre en toute authenticité.

La seule vérité est qu’il n’y a pas d’échappatoire à la liberté.

Epicure : trouvez le plaisir dans les choses simples.

Vivre une “bonne vie” ne veut pas dire bamboche à tous les étages et fun perpétuel avec ses potos.

Cela veut dire… tout le contraire : “se contenter de peu” et “se satisfaire de rien”. 

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Le (re)confinement est donc la parfaite occasion pour réévaluer ce que nous considérons comme “essentiel” (la polémique sur les commerces non-essentiels est donc profondément épicurienne). À nous de nous débarrasser de l’inutile !

Epicure interroge : pourquoi la vie vaut-elle d’être vécue ? Pour être ou pour avoir ? Pour posséder, ou pour aimer ?  

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La philo postmoderne : la vie est plus étrange que vous ne le pensez

Parfois, les choses arrivent sans cause apparente et intelligible. Il ne faut pas chercher de raison (ni de complot) là où il n’y en a pas. Les explications simples sont souvent les meilleures.

Souvenez-vous du rasoir d’Ockham ou de la citation de Michel Rocard : “toujours préférer l’hypothèse de la connerie à celle du complot. La connerie est courante. Le complot demande un esprit rare.”

Selon les philosophes postmodernes, les crises ne sont pas une mauvaise chose. Au contraire. Elles invitent à réexaminer le monde dans lequel nous vivons et à nous demander dans quelle mesure il est perfectible. Dans quelle mesure ce monde est “normal”.

Est-il normal de passer une heure dans les embouteillages ou le métro chaque jour pour aller d’un appartement exigu à un travail inutile ?

Est-il normal de se déguiser en pingouin costumé pour réaliser des tâches que vous pourriez faire en pyjama ?

Est-il normal que les “travailleurs non qualifiés” soient reconnus comme “travailleurs essentiels” du système… sans que leur salaire ne soit augmenté ?

Bref, c’est l’occasion rêvée de remettre les choses sur la table, de les remettre en perspective et de faire les choix qui s’imposent !