karim duval drole

Cette méthode bluffante va augmenter votre richesse de 80 %

Le zéro déchet c’est pas compliqué ! Vous allez découvrir que quelques changements simples et économes peuvent vous faire basculer dans un autre mode de vie. Voici un petit programme pour vous aider à vous lancer. Tous à vos bocaux !

Cet article s’adresse à tous ceux qui souhaitent se lancer dans le zéro déchet; mais ne savent pas par où commencer. Ceux qui empilent les guides, magazines et les post-its sur leur table de chevet, sans avoir le temps de s’y plonger. Ceux qui ont besoin de petites victoires quotidiennes pour avancer. Laissez-vous faire, vous allez voir : il suffit de suivre le calendrier.

Lire aussi : PQ panic : 5 alternatives pour s’essuyer sans papier

En guise de matos : voici notre calendrier, à télécharger ou imprimer.   

programme zéro déchet

À chaque jour suffit sa benne

AVERTISSEMENT pour les control freaks : rien ne vous oblige à cocher toutes les cases en 12 jours, ni à suivre l’ordre des cases ! Vous pouvez le faire en 12 mois, ou 84894 heures, ou pas. Allez-y à votre rythme ! Vous pouvez aussi choisir l’action du jour en fonction de votre humeur, d’un coup de dé ou d’un jet de fléchette. C’est votre défi, c’est votre projeeeeet !  

Vous avez de la chance ! L’intégralité de ce tuto est téléchargeable (et imprimable) en format PDF, gratuitement, avec notre hors-série “La vie simple, c’est pas compliqué !“.

Jour 1 : furetez sur des sites, matez des docus…

Commencez doucement. Choisissez un jour de congé. Installez-vous bien confortablement et partez à la recherche de quelques sites qui pourront vous inspirer (en voici une centaine listés par ZeroWaste), ou de docus sur la folie et le business des déchets (on vous recommande Trashed, porté par Jeremy Irons).

Lire aussi : Notre hors-série “La vie simple, c’est pas compliqué !” (à télécharger gratis).

Jour 2 : repérez des magasins de vrac près de chez vous

…et allez-y voir d’un peu plus près.

En une seule journée, vous allez faire 80 % du chemin vers le zéro déchet. Magique, non ? Comment faire ? C’est simple, il suffit d’arrêter d’aller au supermarché. Interdisez-vous d’y entrer. Forcez-vous à trouver des alternatives.

Cas pratique : vous vous lancez dans une tarte aux pommes, mais il vous manque du beurre. Réflexe : descendre au minimarché du coin récupérer une plaquette industrielle. Hiiiiin ⛔. Mais l’épicerie vrac, le crémier, le marché est fermé ou trop loin ou trop compliqué 😭… alors comment faire ? Réponse : il va falloir abandonner votre tarte. Faites plutôt des pommes au four, différez le projet, changez de recette, demandez à votre voisin·ne. C’est aussi ça, la vie simple : faire des choix et ne pas hésiter à demander de l’aide !

L’épicier en vrac, c’est le meilleur ami du zéro déchétiste. Mais où trouver l’épicerie la plus proche de chez vous ?

Certains sites les recensent, notamment CartoVrac et RéseauVrac. Mais ils sont malheureusement incomplets. Vous pouvez aussi utiliser le moteur de recherche du réseau DayByDay assez présents en métropole. Le mieux est encore de faire quelques recherches sur le net. 

Une fois que vous avez trouvé quelques noms, prenez le temps d’y passer, de voir si l’épicier est sympa, si ses produits sont de qualité et ses fournisseurs sont locaux…

Le kit du vrackeur :  

acheter en vrac

Voici comment se faire un sac à vrac SANS couture avec un vieux t-shirt ! 

Jour 3 : testez les commerçants de votre marché

Autre lieu clé pour passer au zéro déchet : le marché… enfin, pas toujours.

Trop de commerçants ont le réflexe de vous servir dans des sacs plastiques ou papier. C’est un automatisme pour eux. Impossible de leur faire mettre les patates dans un VOTRE tote-bag, ni de leur passer VOTRE boite à œuf pour la remplir. 

C’est illégal, si j’ai un contrôle, je risque une amende” répliquent certains. Ils ont tout faux : selon une loi de février 2020, “tout consommateur final peut demander à être servi dans un contenant apporté par ses soins” (tant que celui-ci est adapté pour recevoir des produits alimentaires).

D’autres vous riront carrément au nez, moquant vos contenants fait maison : “ahah, et votre sac, vous l’avez fait dans une robe de votre arrière-grand-mère ?“, “Oulala, vos pots à cornichon, ils datent de Mathusalem !

Vous pourrez alors choisir entre leur expliquer et tenter de les convaincre, ou les laisser à leur sort et chercher votre bonheur ailleurs.     

La reco du pro :  vos habitudes d’achat vont changer. Laissez-vous 3 semaines au moins pour gérer les quantités et réorganiser votre liste de courses. Pendant cette période, notez tout ce qui vous a manqué et tout ce que vous avez acheté en trop. Le but : ne pas avoir à “faire les courses tout le temps”, mais une fois pour toutes !    

Jour 4 : demandez-vous ce que vous allez faire de vos bouteilles en verre !

La question mérite de creuser un peu. Car, depuis la fin de la consigne en France (hors Alsace),  vous n’avez pas vraiment le choix : il faut jeter vos bouteilles dans des containers verts allant au recyclage. 

Certes, quelques commerçants tentent de relancer des consignes. Mais cela reste malheureusement marginal comme le montre cette carte des initiatives de consignation de verre.

Alors, comment fait-on, si on ne veux PLUS acheter de bouteilles pour la bière, le vin ou les jus ?

D’abord, il ne faut pas acheter du “faux vrac” : c’est-à-dire un cubi, qui n’est qu’un sac plastique ultrarésistant placé dans un carton. Hiiiiin ⛔.

Le truc, c’est de partir à la recherche de vrac liquide… et ça, c’est pas gagné ! 

  • Pour la bière,  c’est mort : sa fermentation se termine en bouteille, ce conditionnement est indispensable à sa qualité. Votre seule solution : les jeter au recyclage, aller chez une consigne (s’il y en a), ramener les bouteilles vides à votre épicerie de vrac (si ça lui est utile), ou créer des vases originaux.
  • Pour le vin, une solution est le réseau JeanBouteille, qui compte de nombreux magasins partenaires. Mais il est aussi possible que des cavistes “conventionnels” fassent du vrac sans le savoir (vin vendu au fût ou au tonneau). N’hésitez donc pas à appeler ceux des environs pour leur demander.
  • Pour les jus de fruits,  évitez les machines à presser du jus d’orange en libre service qu’on trouve dans les supermarchés bobos ! Pour avoir du jus de fruit pressé zéro déchet… achetez des fruits bio sur le marché et les pressez vous-même, bon sang ! Le tout grâce à un extracteur de jus manuel (ça vous musclera le poignet).

Jour 5 : démarrez un compost maison

Offrez vos épluchures et restes alimentaires aux vers de terre ! Tout y passe, sauf la viande. Vous verrez : presque plus de poubelle noire à jeter !

Vous pouvez opter pour :

  • un composteur classique (les références et nombreux conseils de cet article vous aideront grandement à faire votre choix)
  • un composteur japonais Bokashi, très pratique dans les petits espaces. 

Jour 6 : faites un tour au repair café !

On tente d’y réparer tout ce qui est petit électroménager, que cela vienne de votre cuisine, ou qu’il s’agisse d’une nouvelle acquisition vintage (platine à vinyles,  poste de radio, téléphone fixe en bakélite…). Les nerds pourront aussi tenter de s’y faire des amis ou d’y rencontrer l’âme sœur.

Pour trouver le repaircafé le plus proche de chez soi, c’est par ici. S’il n’y a rien près de chez vous, tentez de voir avec votre Mairie si une assoc n’a pas repris le concept hors du réseau.  

Jour 7 : et si vous changiez de banque ?

Saviez-vous que 40 % de votre empreinte carbone venait de… votre épargne ? Non ? Maintenant vous savez : même le plus vertueux des écolos restera un pollueur invétéré s’il place sont argent dans une banque sponsor d’activités polluantes. Pour ceux qui voudraient en savoir plus, voici une étude éclairante sur la question menée par l’ONG Oxfam.

Faites le test : votre banque est-elle propre ?

banque éthique
Retrouvez l’article dont ce tableau est tiré ici

Problème, en France, seules 2 banques ont des comportements vertueux : la Banque Postale et le Crédit Coopératif. La plus éthique étant la seconde… même si elle n’a pas que des avantages, si l’on en croit ce témoignage.  

Quant à la NEF – qui se présente comme LA banque verte – on peut y ouvrir un compte d’épargne, mais pas de compte courant.  

Jour 8 : rejoignez une ressourcerie

Une quoi ? Une ressourcerie est un lieu où sont collectés des matières et ou objets destinés à être réemployés ou recyclés. Ici on réduit les déchets, on réemploie et on recycle (la stratégie des 3R). Pour découvrir le réseau, c’est par ici.

Le plus : ces associations ou coopératives créent des emplois durables, sociaux et locaux. Voici, d’ailleurs, un excellent article sur l’utilité sociale des ressourceries dans l’après COVID

Jour 9 : adoptez une nouvelle hygiène (de vie)

Mais comment allez vous faire si vous n’achetez plus aucun produit d’hygiène en supermarché !?  Eh bien, c’est simple, vous allez les remplacer ! Voici les alternatives disponibles en épicerie vrac ou en D.I.Y :

  • Savon industriel = savon de Marseille véritable
  • Shampoing industriel (surtout les formules antipelliculaires) = shampoing solide ou fait maison
  • Après shampoing industriel = après-shampoing naturel solide ou fait maison.
  • Dentifrice en tube = dentifrice solide    
  • Brosse à dent en plastique = brosse en bambou
  • Crème de jour industrielle = Crèmes et autres cosmétiques fait maison
  • Déodorant en spray ou à bille = pas de déo ou fait maison

Jour 10 : apprenez à cuisiner les épluchures et les restes

Pour apprendre à recycler vos épluchures, on vous recommande la lecture de ce livre très complet : Les Épluchures, Tout Ce Que Vous Pouvez En Faire, par Marie Cochard.

Pour apprendre à cuisiner les restes, notamment si vous avez des enfants un peu difficiles à contenter, voici le meilleur livre de recettes que nous avons pu lire : Les Restes, Dix Façons De Les Préparer, de Sonia Ezgulian.

Jour 11 : devenez un serial loueur

Est-il vraiment utile d’acheter cet outil ou ce vêtement que vous n’utiliserez que deux fois par an ? Et si vous le louiez ? Depuis quelques années, les sites de location de matériel entre particuliers ont poussé comme des champis. 

Au lieu de les chercher sur Google (et de tomber sur des services payants pleins de pubs), on les a recensé sur via le moteur de recherche éthique Ecosia : voici le résultat.      

Jour 12 : devenez un maître de l’eau

L’eau c’est la vie, économisez-la. Nous allons vous proposer 7 actions pour cela. Vous n’êtes pas obligé·es de toutes les mettre en oeuvre en même temps, allez-y doucement : 

  1. Purifiez naturellement l’eau du robinet avec du charbon actif ou des billes d’argile. On vous explique tout ici
  2. Se doucher 1 jour sur 2 : le reste du temps faire une toilette au lavabo avec un gant. Saviez-vous  que se doucher moins souvent pouvait s’avérer bénéfique pour la santé ?
  3. Economisez l’eau sous la douche avec un limiteur de débit fixé sur le pommeau. Saviez-vous qu’1 bain consomme autant d’eau que 10 mn de douche ? Et qu’un Français passe en moyenne 9 mn sous sa douche ?  
  4. Récupérer dans un sceau la “première eau” (froide) de la douche : celle qu’on gaspille en attendant qu’elle soit chaude et que l’on puisse se laver. La réutiliser pour la vaisselle…  
  5. Faites la vaisselle à la main selon la technique ultra-économe des deux bacs
  6. Récupérez les eaux de pluie dans un puits/citerne au jardin ou un sceau sur le balcon et filtrez les dans un système type Berkey
  7. Récupérez les eaux de cuisson dans un sceau, pour arroser les plantes ou le potager.
  8. Optez pour des toilettes sèches (on vous jure c’est pas aussi terrible que vous le croyez) ou commencez par placer des éco-plaquettes dans le réservoir d’eau des WC pour en limiter le débit.

Voilà… il ne vous reste plus qu’à attendre un petit mois pour découvrir les effets de ce changement sur votre santé, votre moral, votre peau et votre porte monnaie !