PQ panic : 5 alternatives pour s’essuyer sans papier

Au lieu de vous inquiéter d’une possible pénurie de PQ, profitez-en pour abandonner cette mauvaise habitude, très peu hygiénique et pas du tout écologique. Voici 5 façons de se passer du papier toilette, sans finir au bout du rouleau. 

Démocratisé en Occident dans les années 1950, le papier-toilette s’est imposé dans nos WC à tel point qu’on ne se pose plus la question de son coût écologique, ni de sa véritable utilité. Il est temps de briser le tabou !

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Petite histoire du torche cul

On s’est dit que ça ferait une bonne intro et surtout une bonne source d’idées pour imaginer des alternatives au papier-toilette. Voyez plutôt : 

Dans l’antiquité grecque et romaine, on utilisait des cailloux lisses, les poireaux, ainsi que… sa tunique. La bourgeoisie romaine, elle, se sert de serviettes de tissu raconte le poète gaulois Catulle (87-54 av. J.-C.).

Au Xe siècle, en Asie, on utilise des coquilles de moules, des feuilles d’arbres, une poignée de terre et surtout un bâton courbe que l’on se transmet de père en fils.

 

pq moule
par i-mockery.com

Ces pratiques persistent au Moyen-âge. Et, même si l’élite découvre l’usage du linge de lin voire de velours… la majeure partie de la population préfère encore utiliser ses doigts ou ses vêtements. Hmmmmm.

À la cour du roi, on se torche avec… son courrier. Les archéologues qui ont fouillé les sous-sols du Louvres, à Paris, ont ainsi découvert d’anciennes latrines jonchées de lettres portant le cachet des plus grands personnages de l’Etat au XVIIIe siècle.

Pendant ce temps, dans les pays musulmans, la tradition veut que l’on se lave le fondement à l’eau (la version moderne est un tuyau d’eau branché sur le WC) avec la main gauche : la droite servant exclusivement à se nourrir.

En Occident, le PQ devient un truc chic autour de 1850 quand l’américain Joseph Cayette fonde la société Cayetty’s Medicated paper. Un luxe qui mettra un siècle à s’imposer, la population préférant recycler ses journaux – la fameuse PQR 😂 – et, surtout, les catalogues de vente par correspondance. Voici d’ailleurs un excellent tuto du Journal Minimal pour réutiliser vos journaux usagés !

Ce n’est qu’à partir des années 60 que l’Europe utilise largement le papier toilette : à l’époque, un Européen en utilisait 500 g de par an. Aujourd’hui, c’est plus de 13 kg, soit 100 rouleaux par an et par habitant ! Une industrie qui pèse 786 millions d’euros par an, selon les chiffres du Group’Hygiène… et qui détruit plus de 27 000 arbres dans le monde chaque jour, comme le révèle une enquête de la WWF

Heureusement que moins de la moitié de la population mondiale utilise du papier-toilette, à l’instar des pays musulmans ou du Japon qui usent du  jet d’eau. Une invention française du XVIIIe siècle… reconnue par les médecins comme la méthode la plus hygiénique entre toutes. 

Pour aller plus loin, on vous recommande la lecture du livre de Georges Vigarello, Le propre et le sale : l’hygiène du corps depuis le Moyen Âge (Ed. du Seuil, 1987).

Maintenant que vous êtes érudits, vous êtes certainement prêts à abandonner votre (trop) cher PQ et à le remplacer pour une une méthode saine et écolo !

Lire aussi : Transformer son appart’ en base autonome, c’est facile !

5 alternatives au papier-toilette passées au crible

1-Les lingettes nettoyantes jetables : fecal error

Nous parlons ici des lingettes industrielles type “lingettes pour bébé”. Dix fois plus doux et agréables qu’un PQ sec… mais surtout 100 fois pires pour votre corps et l’environnement.

2-Les washlets japonaises : du rêve au cauchemar

C’est le rêve éveillé du touriste occidental au Japon. D’abord étonné par ce petit tuyau qui lui lustre l’anus d’un doux jet d’eau tiède, il tombe vite accro à cette invention suisse des années 50. Un bijou de technologie… totalement contraire à toute principe de vie autonome et durable. Malheureusement.

washlet
sources : wikimedia

3-Le tissu : malin, mais compliqué

C’est LA tendance écolo de la fin des années 2010 : le rouleau de rectangles de TQ (tissu-cul) lavable, souvent fait maison à partir de vieux t-shirts en coton. Pas un youtubeur-zéro-déchet qui n’ait publié une vidéo pour en vanter les mérites. Oui, mais… 

9 sur 10 l’avouent (en fin de vidéo, évidemment) : ils n’ont utilisé ces petits carrés magiques que pour la petite commission. Exemple : cette blogueuse québécoise (qui parle ici, de “n°1”).

 

D’autres, plus rares, utilisent aussi cette solution pour la grosse commission. Avec la contrainte de devoir stocker, puis laver les tissus sales, soit immédiatement après son passage au toilettes, soit en machine à très haute température. 

Une option pratiquement impossible à mettre en oeuvre en situation d’autonomie, puisqu’elle exige une grande consommation d’eau et d’énergie (pour la chauffer). Au-delà des problèmes d’hygiène que cela pourrait susciter (en cas de maladie bactérienne), on a surtout une pensée pour ceux qui feront la lessive et devra manipuler les tissus souillés. Joie. Bonheur.

Une complication que cette blogueuse zéro déchet semble éluder un peu vite, à notre (dé)goût.

4-Bidet ou douchette annale : la fausse bonne idée

Croisé sur Facebook, Juan me décrit : “je colle la douchette sur mon dos en direction de mes fesses et j’active la gâchette qui envoie le jet d’eau qui nettoie mon anus. Puis je m’essuie la raie avec une serviette. C’est magnifique, simple, merveilleux. J’ai un cul toujours propre, je ne m’irrite plus la peau de l’anus…” Tous les témoignages obtenus par nos enquêteurs sont du même acabit. 

Ce n’est effectivement pas pour rien que 7 humains sur 10 (notamment dans les pays asiatiques et arabes), se nettoient le derche à l’eau, grâce à une petite douchette raccordée au WC. 

De plus, la méthode paraît plus écologique que le PQ puisque, selon le très sérieux magazine Gizmodo, le débit d’un bidet standard serait de 0,5 litres d’eau par minute, contre plus de 287 litres pour fabriquer un rouleau de papier toilette… 

Cependant – une fois de plus – dans une perspective autonomiste, cette technique est aussi peu tenable que les washlets japonaises dont nous parlions plus haut. D’ailleurs, contrairement à la méthode nippone qui “cible” l’anus, la douchette disperse des micro-gouttelettes de matière fécale dans l’air et avec elle des bactéries.

Le bidet vaudrait-il mieux que la douchette ? Vaste question.

Disons que, dans sa version bidet “à la papa” ou douchette“2.0”,  le rinçage à l’eau “sans jet” reste quand même une cause de gaspillage d’eau potable. En effet, pas question de se rincer les muqueuses génitales et annales à l’eau croupie ! Vous n’êtes pas d’accord ?

5-PQ végétal : et si on s’essuyait au naturel ?

Durant la majeure partie du moyen âge, l’Europe s’est essuyée à la feuille de marronnier. Du côté des Etats-Unis, le Cowboy Toilet Paper était constitué de feuilles de Grande Molène (Verbascum thapsus)… auquel les bûcherons préféraient la grande feuille d’Aster macrophyllus (ou Astrée) . Quand à l’Afrique, elle privilégia longtemps la feuille souple du Coleus forskohlii (Plectranthus barbatus). En France, on a longtemps utilisé les feuilles acanthe, de bouillon blanc, da bardane, le douveteux, le rumex (résistant et bien large).

Le reco du chasseur-cueilleur : privilégiez les feuilles d’arbres, mieux protégées des dégéctions des animaux sauvages qui transmettent parfois des maladies. 

pq feuille
La feuille de marronnier
PQ naturel
Dans l’ordre : Grande Molène, Astrée et Coleus

Le minimaliste américain Mr Green a jeté son dévolu sur la Grande Molène 

Autre grand avantage de cette méthode pour les utilisateurs de toilettes sèches : la feuille se décompose naturellement dans l’humus de votre compost !   

Voilà, vous savez ce qui vous reste à faire : planter des arbres et pas n’importe lesquels ! Et, en attendant qu’il pousse, vous n’avez plus d’excuse pour continuer à essuyer vos fessiers avec ces papiers ringards, irritants et écologiquement absurdes !

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