Il y a un avant et un après ‘Une fois que tu sais’, le docu collapso d’Emmanuel Cappellin

Vous allez tout comprendre à l’effondrement. Et vous en sortirez bien plus chamboulé qu’après le énième blockbuster d’halloween.

Des industriels aveugles qui surexploitent les ressources naturelles, un tour du monde à la recherche de réponses, des personnages qui révèlent des informations explosives… Non, ce n’est pas le pitch du dernier James Bond; mais le résumé du documentaire écolo d’Emmanuel Cappelin « Une fois que tu sais« .

Il aurait pu s’intituler : « Si nous ne faisons rien ». Si nous ne faisons rien pour stopper la course folle de l’humanité vers son auto-destruction.

Je vais tout de suite abandonner toute objectivité en disant que j’ai beaucoup aimé ce film. Pourquoi ? Parce que, comme beaucoup d’écolos engagés, je cherche un déclencheur émotionnel qui conduira mes parents, mes amis, mes voisins et mes collègues, à entrer en transition. À basculer dans un autre mode de vie. Et je pense que ce film pourrait être un déclencheur très puissant. Donc voilà, ça c’est fait.

La fin de l’insouciance

Une fois que tu sais est un film sur le deuil de l’insouciance. Teinté d’une poésie mélancolique et d’un intimisme qui rappelle la série Human de Yann Arthus-Bertrand, sur laquelle Emmanuel a été chef’op.

L’histoire de ce film, chaque collapso l’a vécue : Emmanuel prend conscience qu’un effondrement de la civilisation industrielle est inévitable – grâce au fameux rapport Meadows sur les limites de la croissance – et « c’est comme si le toit de (sa) maison s’était écroulé ». Alors, comment continuer à vivre avec l’idée que notre aventure puisse échouer ?

« Il y a un avant et un après ‘quand on sait’, m’a dit Emmanuel. C’est le deuil de la période bénie de l’insouciance. J’ai beaucoup travaillé la question du lien entre fin de l’insouciance et début du savoir ».

Halte à la croissance

La première partie est consacrée à un résumé-poétisé du rapport The Limits of growth.

LE rapport qui révèle (dès 1978) que notre mode de vie conduit à la surexploitation des ressources planétaire, et nous mène tout droit vers un choc qui stoppera la croissance de l’économie et de la population.

LE rapport que tout le monde choisira d’oublier pour retourner à son business.

Quand Emmanuel le découvre, il est déjà un écolo convaincu. Et pourtant, il a du mal à faire son deuil de l’insouciance.

Il va donc partir pour un tour du monde. Un voyage initiatique. Ça commence à bord d’un porte-container. Destination l’Orient. Un voyage sans réponses, dans une modernité lui inspire autant de fascination que de dégoût. Une version éco-existentialiste de la Nausée de Jean-Paul Sartre.

Puis, on enchaîne sur dix bonnes minutes de Jean-Marc Jancovici. « Pendant quelques siècles on s’est affranchi des limites naturelles. Nous devons redécouvrir qu’il y a une limite. » Ok. Mais comment réapprendre à vivre dans ce monde d’après plein de contraintes ?

Hop, direction l’Ariège à la rencontre d’une communauté autonome. Sur la porte, on peut lire « Entrez Libres ». J’adore.

Emmanuel y croise Pablo Servigne. Avec lui, ça cause politique de l’effondrement, risque de Daesh vert, décroissance…

Un moment du film m’a particulièrement ému : sa rencontre avec Richard Heinberg, le spécialiste de l’énergie (dont je recommande au passage la museletter qui est totalement géniale). Un passage très émouvant où l’on ressent le désarroi de ce chercheur, épuisé de prêcher dans la désert à des sourds…

À regarder Emmanuel se mettre en scène pendant ce voyage initiatique, on a l’impression que tout ce qu’il apprend lui est toxique.

« Vaut-il mieux ne rien savoir ?, se demande Jancovici. D’une certaine manière, on peut considérer cela comme un savoir toxique. Mais je ne peux me résoudre à cacher ces informations, parce que de profonds changements se profilent à l’horizon. »

Déclencheur émotionnel

On sent la colère monter en lui, lorsqu’il fait le choix de la désobéissance civile auprès d’activistes anti-nucléaires.

Puis, on voit peu à peu renaître la joie, dans un regard porté aux nouveaux récifs et récits du monde d’après.

Je crois que nous sommes tous comme Emmanuel.

Nous cherchons le déclencheur émotionnel qui conduira nos parents, nos amis, nos voisins, nos collègues, etc… à entrer en transition.

Et je pense que ce film pourrait être un déclencheur très puissant. Alors, n’y allez pas seul : emmenez avec vous un.e climato-rassuré collapso-sceptique. Il/elle n’en sortira pas indemne !

UNE FOIS QUE TU SAIS d'Emmanuel Cappellin - Bande annonce officielle

PS : ne craignez pas d’y aller avec un.e ado, ils sont bien plus conscients que beaucoup d’adultes. Par ailleurs, le film s’accompagne d’un kit pédagogique à télécharger sur le site racinesderesilience.org.

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