yannick roudaut auteur
inspiré par une photo de LOL, projet David Ken

“L’effondrement ? Je suis sûr que ça va déboucher sur quelque chose de formidable”

On a demandé au prospectiviste Yannick Roudaut à quoi pourrait bien ressembler le monde d’après.

 Écoutez le podcast de l’interview

Le conférencier se présente comme un « décloisonneur intellectuel » et un « éveilleur de consciences ». Cet ancien journaliste spécialisé dans les marchés financiers, s’est reconverti à l’écologie après la crise des subprimes.

Dans des livres comme « Zéro Pollution ! Un ultime défi pour l’humanité » (ed. La Mer Salée, 2016), il tente de dessiner le monde en devenir. Lors de ses conférences, il cherche à sensibiliser les citoyens et les dirigeants d’entreprises aux enjeux du développement durable.

« Notre trajectoire est celle de l’effondrement. Mais là, cette année, on a commencé à bifurquer ».

Pour Yannick Roudaut, le Covid a ouvert un incroyable champ des possibles. Le virus aurait agit comme un “catalyseur de transformation” qui rend le futur imprévisible et inattendu. Autrement dit : les années 2020 seront la décennie de l’impermanence. Et ça va secouer fort ! Crise sanitaire, financière, sociale… « Faut pas rêver. Le mythe de la croissance, ça ne peut pas continuer ».

Son constat est sans appel : cette crise est le fruit de 50 ans de néolibéralisme qui ont saccagé les services publics. On a dû se confiner, parce qu’on a “désinvesti dans les systèmes de santé“.

Au début, il a espéré que cette tempête mette un frein à la mondialisation débridée et fasse taire les lobbies… espoir déçu ? « On a l’impression que c’est mou, c’est gris, on fait semblant d’agir pour la transition écologique ».

Il y a avait pourtant UNE grande réforme à mener d’urgence : l’instauration d’un revenu universel, accompagnée d’une baisse du temps de travail. « Si je n’ai que 5 heures d’activité rémunérée par jour, explique-t-il, le reste de la journée, je peux contribuer bénévolement au travail d’une association, à la vie de mon quartier, à des loisirs »… et surtout au travail agricole, car on va tous devoir redevenir agriculteurs, même en ville !

Lire et écouter aussi : Jean Leclercq, architecte du monde d’après : “j’ai développé une foi dans un avenir incertain.”

L’effondrement avec sérénité

Yannick Roudaut a arrêté d’avoir peur. Façon zen, il voit du positif et du négatif dans tout choc, « parce que ça nous oblige à nous questionner, à changer de trajectoire ». Pour aller où ? Il évoque le télétravail, la transformation des grandes surfaces et l’avènement d’une civilisation frugale.

« Je fais partie des gens qui pensent à l’effondrement avec sérénité, car je suis sûr que ça va déboucher sur quelque chose de formidable ».