travail qui a du sens et un bon salaire
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Un job bien payé ET qui a du sens, ça existe ?

Le travail ne paie plus, mais il continue de nous vider. Et si la vraie question n’était plus « quel job puis-je avoir », mais « quelle vie suis-je en train de construire » ?

Certes, le travail, n’est plus qu’une question de salaire. De toutes façons, il ne paie plus (les études montrent qu’il faut 80 ans pour doubler son niveau de vie au lieu de 40 ans dans les années 70). Pour autant, il faut bien vivre et payer les factures essentielles : eau, électricité, assurances… Désormais, le graal est de trouver un travail qui aie du sens et qui permette de gagner dignement sa vie. Ce job parfait existe-t-il ? Telle est la question !

Ikigai

Il existe une façon de trouver un job pour lequel on se lève le matin sans avoir l’impression d’aller vendre une partie de son âme, ni de bosser pour des clopinettes. Les Japonais appellent ça Ikigai : le point de croisement entre ce qu’on aime, ce qu’on sait faire, ce dont le monde a besoin et ce pour quoi on peut être payé. Quand ces quatre cercles se touchent, quelque chose bascule. On ne travaille plus. On agit. Pour faire joujou avec cette méthode, voici une app sympa et gratuite.

Les études le confirment sans détour (source). Les gens qui trouvent du sens dans leur activité dorment mieux, stressent moins et vivent plus longtemps. Ils sont plus engagés, plus résilients, et, surprise, plus productifs. Les entreprises qui ont une « raison d’être » claire grandissent davantage. 85 % d’entre elles affichent une croissance positive. Ce n’est pas de la magie, c’est de la cohérence.

Le marché du travail a changé. Vous aussi.

Les attentes ont changé. Plus personne ne cherche seulement un job. On cherche un job qui ne nous détruit pas et nous permet de vivre dignement. En fin de compte, on cherche une carrière sur le long terme, tout simplement. Pas nécessairement toute sa vie dans la même boîte, mais dans le même secteur.

Les carrières qui émergent le montrent clairement (source). Responsable marketing responsable, manager de la durabilité, professionnel de la santé mentale, ingénieur cybersécurité… Ces métiers sont des niches durables.

Mais attention : votre motivation n’est pas forcément de sauver la planète tous les matins. Parfois, c’est simplement faire quelque chose que l’on respecte, avec des gens que l’on estime, dans un cadre qui ne nous broie pas. C’est déjà pas mal.

Lire aussi : La low tech, incontournable boussole de l’innovation ?

Comment s’y prendre ?

La première erreur, c’est d’attendre la révélation. Il n’y aura pas de grand soir.

Commencez par vous regarder vraiment. Qu’est-ce qui vous motiverai si vous étiez encore libre de choisir ? Quels problèmes du monde vous agacent assez pour y mettre de l’énergie au quotidien ? Lesquelles de vos compétences vous ont toujours semblé être des dons ? Que seriez-vous capable de faire toute la journée… et de recommencer le lendemain (esprit tordus, je vous vois !) ?

Ensuite, sortez des portails de petites annonces.

Les gens qui trouvent des jobs qui ont du sens les croisent souvent en dehors des circuits officiels : dans un espace de coworking, un projet associatif, une conversation LinkedIn un peu trop longue, un salon où l’on parle vraiment à e vrais gens. Les relations humaines seront toujours plus puissants que des mots-clés dans un moteur de recherche.

Prototypage

Le mot fait un peu tech, mais l’idée est simple : il faut tester avant de faire de grand saut.

Tentez un projet sous statut de slasher (une personne qui cumule plusieurs activités professionnelles différentes et souvent sans lien entre elles).

low tech journal

Ne démissionnez pas ! Tentez de créer une petite boite de votre côté… Chaque expérience vous donne des données sur ce qui vous nourrit et ce qui vous épuise. Et elle construit des relations, ce qui, dans un marché saturé, vaut de l’or.

Raison d’être et profit ne sont pas ennemis

Beaucoup croient encore qu’il faut choisir : soit on gagne de l’argent, soit on fait le bien. C’est une fausse dichotomie. Les entreprises les plus solides traitent le profit et la raison d’être comme des partenaires. Le premier finance le second. Le second donne une raison d’exister au premier. Quand on décide dès le départ où l’argent ira — bien-être des équipes, projets locaux, impact climatique —, on construit quelque chose de durable.

La culture d’entreprise devient alors le vrai capital. Une organisation qui valorise la curiosité, la générosité et l’équilibre attire ceux qui veulent construire, pas seulement exécuter.

Lire aussi : Comment on devient agriculteur ? Notre FAQ

Et si vous inventiez votre futur emploi à impact positif et rémunération déscente ?

Pour cela, vous pouvez vous inspirer des 32 portraits d’entrepreneur·euse·s low-tech dressés par Émilie Lechevalier.

Certains fabriquent des objets low-tech (couveuses, marmites norvégiennes, produits solaires), d’autres produisent de la nourriture (boulanger et brasseur solaires, torréfacteurs), d’autres accompagnent les entreprises vers la sobriété, rendre les bâtiments plus résilients, et inventer des mobilités bas-carbone (vélos-cargos électriques, quadricycles légers). Des profils souvent issus de l’ingénierie, en reconversion, qui allient sens, sobriété et nouveaux modèles économiques post-croissance. À découvrir ici.

Autres exemples avec ces trois ingénieurs — Martin, Renaud et Quentin — qui ont bifurqué vers la low-tech, en rejet de métiers jugés incohérents avec leurs valeurs. Ils y trouvent du sens, de l’autonomie et une remise en question politique de la technique. Renaud accompagne particuliers et entreprises, Martin anime des ateliers en écoles, Quentin œuvre au Low-Tech Lab de Concarneau (logistique à vélos cargos). Parmi les métiers émergents cités : boulanger·e solaire, artisan·e cyclologistique, formateur·ice en autonomie énergétique, valoriste en ressourcerie, réhabiliteur·se de matériaux, animateur·rice de repair-café. Le financement reste un défi (mi-temps, financements associatifs), mais tous s’accordent : la low-tech est une voie d’avenir, à condition que les mentalités et le marché de l’emploi évoluent. (Lire l’article).

Dernière option : vous faire embaucher dans un secteur qui a de forts revenus, mais sur un job alternatif :

  • Avocat mais en droit de l’environnement
  • Ingénieur automobile mais pour construire un kei car
  • Designer, mais systémique
  • Plombier, électricien, menuisier… tous ces métiers manuels dévalorisés et qui rapportent aujourd’hui plus que des métiers surdiplômés (source).
  • Consultant, mais en transition énergétique (comme chez Kelotec)

Pour aller plus loin, je vous recommande la lecture de cet article : 25 métiers qui recruteront dans le monde d’après.

C’est peut-être la solution : arrêter de postuler dans le vide. Commencer par une conversation, un petit projet, une question claire posée à quelqu’un qui fait déjà ce que vous aimeriez faire.

Parce qu’au fond, la vraie question n’est pas « quel job je peux avoir ».
C’est « quel genre de vie je suis en train de construire »…

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