On parle tous de transition écologique, mais ça veut dire quoi concrètement ?

Le concept de transition écologique est omniprésent dans les discours écolos, sur les réseaux sociaux et même dans la com’ politique. On en parle pour l’énergie, l’agriculture, la mobilité… Mais que cache ce « mot outil » qu’on sert à toutes les sauces ?

Définition

Commençons par une définition basique de la transition : « un processus de transformation au cours duquel un système passe d’un régime d’équilibre à un autre ».

Entre transition et révolution, il n’y a donc qu’un pas. C’est un terme beaucoup plus radical qu’il n’y paraît, qui évoque une « transformation structurelle globale ». On peut parler de mutation ou encore de refonte.

Pour les chercheurs Geels et Loorbach, spécialistes des dynamiques de la transition, celle-ci démarre dans des poches d’initiatives radicales. Des niches en marge du système. Peu à peu, leurs innovations irriguent le reste de la société, les comportements populaires, malgré l’inertie du système. Enfin, ce qui était autrefois marginal devient une tendance de fond, elle fait partie du paysage. Le processus peut être plus ou moins rapide, notamment en période de crise.

La transition écologique dévoyée

Souvent, le passage de l’étape 2 à l’étape 3 exige l’implication des institutions politiques, qui encourageant les initiatives pionnières et permettent leur changement d’échelle. Mais cela implique un risque de réappropriation et de détournement (le greenwashing par exemple).

L’institutionnalisation n’est donc pas toujours une bonne chose. Ainsi en est-il du concept de « développement durable », rapport Brundtland de 1987, et transformé en une tarte à la crème politique avec le Sommet de Rio de 1992, où il est reformulé en « économie verte » ou « croissance verte ».

Il en est de même de la « transition écologique », qui est devenu un des mots clés de l’industrie des énergies renouvelables, mais aussi des industries nucléaire et pétrolière (qui développe notamment du bio-fioul).

Ici, les enjeux environnementaux sont au cœur du discours, mais la croissance économique reste la véritable priorité de l’action publique.

Pareil pour l’écologie politique. En France, Duflot, Hulot ou Pompili sont, certes, passés de l’ombre à la lumière, mais pour jouer les cautions (voire les complices) d’un semblant de politique écologique.

Comment en est-on arrivé là ?

Peu à peu s’est opéré un glissement sémantique de la transition écologique vers la transition écologique juste, c’est-à-dire une « transition vers une économie verte qui ne pèse pas sur les entreprises et l’emploi ». On entend souvent parler « d’acceptabilité sociale des politiques de transition écologique ». Traduction : attention à ne pas froisser l’électorat conservateur !

Exit la « décroissance », clé de voûte de tous les rapports sur lesquels se fondait la définition originelle de la transition (notamment le Rapport Meadows de 1972).

La transition écologique rime aujourd’hui avec croissance verte et green tech. Plutôt qu’être une révolution des modes de vie vers la sobriété et la reconnexion avec la nature. C’est une nouvelle révolution industrielle !

Pour freiner le processus de transition, afin de ne pas gêner les industriels, les États imaginent des formes de « dialogue environnemental ». Ils multiplient les rapports que l’on se dépêche de passer sous silence, allongent les expérimentations, détournent le projet au profit des industriels du bâtiment (rénovation thermique), de l’énergie, de startupers (trop) prometteurs…

Les villes en transition

Le mouvement des Villes en transition a été initié par l’anglais Rob Hopkins en 2006. Depuis, il organise des expérimentations de communautés résilientes et autonomes en énergies fossiles. Des initiatives en rupture avec le mode de vie consumériste, et proche d’une forme de démocratie directe.

Le « développement durable » : de projet écolo à bidule marketing. Trop flou, mou et consensuel, le concept de développement durable a été récupéré par le marketing. Il sert désormais de justification à des investissements sans aucune ambition écologique, ni projet de transformation systémique de notre mode de vie.

Une démarche citoyenne familiale ou collective

On reproche souvent aux initiatives de « transition » d’échouer à « faire système », à s’inscrire dans un territoire et à s’institutionnaliser. C’est parce que les transitionneurs s’organisent avant tout à l’échelle familiale, à l’instar d’un John Seymour, père de l’auto-suffisance.

Ce n’est que dans un second temps que ces familles se posent la question de l’intégration de leurs démarches dans un cadre plus large, et se tournent vers leurs voisins, leurs communes…

La transition écologique a donc besoin de temps pour passer de l’échelon individuel à l’échelon collectif. Et une fois cette barrière franchie, une nouvelle société équitable et respectueuse de l’environnement pourra émerger !

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