En Chine, faute d’abeilles, les agriculteurs pollinisent les plantes à la main

Dans le Sichuan, l’extinction des insectes pollinisateurs contraint les paysans à assurer la pollinisation des arbres fruitiers à la main.

En Chine certaines cultures fruitières et maraîchères ne pousse désormais que grâce à une pollinisation humaine et manuelle.

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Le reporter Harold Thibault a passé quelques jours de printemps dans le village chinois de Nanxin. Il y a vu tous les habitants en âge de travailler se mobiliser pour polliniser les pommiers et les poirier, fleur par fleur.

Depuis que les pesticides ont exterminé les insectes pollinisateurs, ils n’ont plus le choix. Le pollen est récolté à la main, séché et délicatement déposé sur les fleurs des arbres fruitiers. Sans cela, il n’y aurait pratiquement plus pommes ni de poires.

Ici, on les appelle les “hommes ou femmes-abeilles”. Ils pollinisent un pommier en 30 minutes, quand une ruche peut polliniser jusqu’à trois millions de fleurs par jour.

Cette pollinisation manuelle n’est pas nouvelle. Elle existe depuis plusieurs années.

Mais elle ruine les paysans locaux, qui doivent employés des dizaines de personnes à leurs frais.

Chine: les femmes abeilles

Si les pollinisateurs disparaissent, nous aussi !

Les mêmes reportages sont régulièrement réalisés aux quatre coins de la Chine, mais aussi de l’Inde, de l’Amérique Latine ou de l’Afrique.

Selon une récente recherche de l’Université de Cambridge, le déclin dramatique des pollinisateurs pourrait conduire à la famine dans 6 régions du monde.

Abeilles, papillons, guêpes, chauves-souris, mouches et colibris sont des pollinisateurs essentiels à pour la reproduction de 75 % des cultures et des plantes.

Selon la zoologue britannique Lynn Dicks, beaucoup d’animaux (dont les humains) dépendent des pollinisateurs pour se nourrir. Entouré d’une équipe de 20 chercheurs, elle a publié un article terrible sur le déclin des pollinisateurs, dans la revue Nature Ecology & Evolution.

La disparition des pollinisateurs est le signe avant-coureur d’une extinction de masse. »

Dr Lynn Dicks

Dans cet article, l’équipe de Dicks montre que le changement climatique n’est pas la principale cause de la disparition des pollinisateurs. Non : c’est l’agriculture (pâturage, engrais, monoculture, pesticides). Un comble, car sans eux, les cultures ne donneraient aucune graine ni aucun fruit !

Pour tout comprendre aux causes de la disparition des abeilles (notamment), je vous recommande le visionnage de ce documentaire passionnant, dont vous avez un résumé ici.

Film documentaire : Le mystère de la disparition des abeilles

Les prochaines victimes : Afrique à Amérique latine

Dans ces régions, les cultures comme la noix de cajou, le soja, le café et le cacao sont particulièrement menacées. Dans d’autres pays, notamment en Europe, où l’agriculture paysanne et bio est plus forte, les pollinisateurs sont mieux préservés.

Pour les chercheurs, ces espèces devraient être protégées comme des trésors millénaires. Dans toutes les grandes religions, les abeilles ont une grande importance. Pourtant, nos sociétés « modernes » leur accordent très peu de considération.

Nous sommes au milieu d’une crise d’extinction d’espèces. »

Dr Lynn Dicks

Le problème menace désormais les États-Unis, où l’agro-industrie « gère » les pollinisateurs comme des acteurs de la chaîne de production. Mais, quand ce sont pas les pesticides, ce sont les maladies qui provoquent l’effondrement des colonies. Il est probable que l’Europe – grande consommatrice de pesticides tueurs d’abeilles – sera la prochaine victime de cette extinction de masse.

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