L’effondrement va nous priver de nos esclaves technologiques.

Sans décroissance ni généralisation des low tech, point de salut. L’effondrement va nous priver de nos esclaves technologiques. Seule l’adaptation radicale peut nous donner la résilience nécessaire pour résister à ce choc.

« Les coûts d’extraction [du charbon] continuent d’augmenter, tandis que la valeur calorifique moyenne d’une tonne de charbon a commencé à baisser. Des symptômes similaires d’épuisement dépasseraient inévitablement l’industrie pétrolière et gazière ». Cette citation est extraite d’un article de Palmer Putnam, intitulé Energy in the Future et publié en 1953 !!!

« Progrès »

Grâce à l’exploitation des énergies fossiles, la population humaine a été multipliée par 8 depuis 1820. En 4 générations seulement, nous sommes passés des charrettes tirées par des chevaux aux super-tracteurs-robots.

Mais cela fait plus de 60 ans que les experts, et donc les décideurs économiques et politiques, savent que le modèle économique de nos sociétés (fondé sur le principe d’une croissance illimitée) est assis sur une source d’énergie limitée.

Aveuglement

Dans son article, Putnam ajoute que le prix du progrès technique serait la pollution de l’air, celle de l’eau et le réchauffement du climat. Il note : « peut-être qu’un tel dérangement du cycle du CO2 conduirait à une augmentation de la teneur en CO2 de l’atmosphère, suffisamment pour affecter le climat et provoquer une nouvelle élévation du niveau de la mer. Nous ne le savons pas. Nous devons le savoir ».

Les décideurs économiques et politiques n’ont pas voulu le savoir. Ils ont préféré augmenter le rythme de consommation des énergies fossiles par 3.

Pourquoi ?

Pourquoi ont-il été aveugles et sourds aux analyses qui leur expliquaient de rapport en rapport sur « ce système est totalement insoutenable », que « c’est un pillage de la nature ! »

Pourquoi ont-ils été sourds, aveugles et muets, comme les trois petits singes japonais ?

Parce que les cornucopiens, les capitalistes, espèrent toujours qu’une nouvelle technologie va venir les sauver. Les capitalistes sont des techno-animistes. Ils « croient » dans la technologie et dans l’ingénierie. Leurs Dieux sont des machines et leurs prêtres sont des ingénieurs.

EnR

Ces technologies salvatrices, ce sont les « énergies renouvelables » : nucléaire, éolien et photovoltaïque. Sauf que, 85 % du mix énergétique est toujours dominé par les énergies fossiles.

Les EnR sont intermittentes et nous n’arrivons pas à en produire suffisamment. Le réchauffement s’accélère et nous n’arrivons plus à en contrôler les conséquences.

Face à ces constats, les décideurs avaient le choix entre deux boutons. Le plus et le moins.

Plus et moins

Lequel ont-ils choisi ? Celui du plus, évidemment !

Pourquoi ? On pourrait croire que c’est leur soif d’argent qui les y a poussé. Mais je ne le crois pas. Mon sentiment est qu’aucun décideur eu le courage de dire à ses électeurs : je vais abolir l’esclavage technologique ! Vous allez retourner au dur labeur de la terre et abandonner une partie de votre confort !

Dans l’une de ses MuseLetters, l’expert en énergie Richard Heinberg écrit : « les décideurs politiques ne comprennent pas. Ils se débattent aveuglément. Ils essaient de faire quelque chose qui est finalement impossible : maintenir la croissance économique à perpétuité. Faire autre chose est inconcevable pour eux, car le fait de ne pas maintenir la croissance entraînera des pertes. » Et on comprend que, pour eux, ces pertes signifient de « perdre » les élections.

Un petit conseil : tant que les décideurs économiques et politiques auront les yeux rivés sur le PIB… leur parole aura autant de valeur que votre horoscope.

Alors, que faire ?

Pour changer de système, il faut au plus vite abolir l’esclavage technologique, au sein de votre foyer ou de votre commune.

Vous devez appuyer sur le bouton moins. Moins chauffer, moins cuire, se déplacer moins loin, consommer local, se laver moins souvent, manger moins (de viande par exemple), moins tondre la pelouse, faire moins d’enfants, passer des soirées plus courtes et moins éclairées… La solution est « simple » sur le papier : continuez à faire ce que vous faisiez au quotidien, mais en « moins ».

Moins, d’accord. Mais moins « combien » ?

Eh bien, puisque nous consommons 8 fois plus d’énergie qu’en 1820, et 6 fois plus qu’en 1920… je pense que nous devrions tout diviser par 6 ou 8.

Cela ne veut pas dire « manger 6 fois moins ». Mais consommer 6 fois moins d’énergie pour vous nourrir. Bref, chacun doit se remettre à cultiver ses propres légumes à la force du poignet !

Vous voyez l’énormité de l’effort demandé. Réduire de manière proactive nos « pouvoirs ». Renoncer au confort. Renoncer à la facilité.

Et cet effort est d’autant plus grand que vous avez 70 ans de retard. Et que son efficacité sur le réchauffement climatique est très incertaine.

Green new deal

C’est une révolution culturelle bien plus importante que les « green new deals » que nous vendent les décideurs économiques et politiques. Car ces new deals ne sont qu’une manière de continuer à appuyer sur le bouton « plus ». Ces programmes sont, encore et toujours, basés sur une croyance irrationnelle dans le pouvoir de l’argent.

Ils croient qu’en créant de la monnaie ex-nihilo, ils vont créer de l’énergie et des ressources naturelles !

Au contraire, la révolution populaire qui s’impose est plus proche d’un « Real New Deal » : un retour à la réalité. Une prise de conscience que notre pouvoir, nos conforts, notre société de la facilité… sont des miracles, sont exceptionnels et qu’ils ne peuvent être permanents.

C’est ce retour à la réalité que je nomme « effondrement ».

C’est cette prise de conscience que l’on nomme métanoïa.

Entrepris dès maintenant, cet effondrement peut être choisi. Sinon, il sera subi et brutal.

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