Le réchauffement climatique va-t-il tuer internet ?

Face au réchauffement climatique et aux pénuries d’énergie, internet est appelé à devenir une ressource rare, voire un luxe. 

Quelques faits pour commencer

Le numérique consomme 10 % de toute l’électricité produite dans le monde (source). 

Une heure de streaming consomme plus d’électricité que deux réfrigérateurs, pendant un an.

Entre la 5G, la vidéo 8K, les jeux, le cloud, les objets connectés et la réalité virtuelle, internet pourrait consommer plus de 50 % de l’électricité mondiale d’ici 2030. Et produire plus de CO2 qu’un pays industrialisé (à part la Chine). 

Internet est la plus grande usine à carbone de la planète. »

Ceci explique que les webdesigners et les futurologues soient si préoccupés par les signes de vulnérabilité d’internet.

Internet des riches VS internet des pauvres ?

Le « tsunami de données » à venir provoqué par les milliards d’utilisateurs supplémentaires fera exploser le prix du stockage des données.

Peu à peu, seuls les riches pourront profiter d’une vie ultra-connectée.

En Chine, cette ségrégation numérique a déjà commencé. Selon la géographe Xiaowei Wang, de l’université de Berkeley, l’internet des campagnes chinoises, n’a rien à voir avec celui de l’élite urbaine, notamment en termes de vitesse. 

Autre exemple, aux État-Unis cette fois. En 2012, lorsque l’ouragan Sandy a frappé New York, le siège social de la banque Goldman Sachs avait sécurisé son système informatique grâce à des générateurs de secours… alors qu’à quelques kilomètres de là, les habitants ont subi plusieurs semaines de coupure de courant (source). 

Internet menacé de disparition 

Malgré tous les efforts des riches, le web globalisé tel que nous le pratiquons est appelé à disparaître, à mesure que le niveau des océans augmentera. 

Les travaux de l’informaticien Paul Barford ont montré que la plupart des infrastructures côtières d’Internet aux USA seraient inondées d’ici 2035.

Dans son étude intitulée  « Lights Out : Climate Change Risk to Internet Infrastructure« , ce chercheur de l’Université de l’Oregon et du Wisconsin s’est amusé à superposer la carte des câbles transocéaniques (l’Atlas de l’Internet), avec celle de l’élévation du niveau de la mer.

Son diagnostic : d’ici 15 ans, une élévation du niveau des océans de 30 cm mettra fin à internet.

Il estime ainsi que les 6400 km de câbles de fibre optique qui transmettent les données, ainsi que 1000 centres de maintenance du réseau, situés près de New York, Miami ou Los Angeles… seraient inondés.

En résumé : la colonne vertébrale du réseau serait alors system all fucked up

internet réseau
La carte des câbles transocéaniques

Dans le même temps, les data centers tomberont en panne : faute de refroidissement suffisant (des startups se mobilisent pour trouver une solution), par manque de terres rares pour les réparer, ou d’argent pour payer les factures d’énergie mirobolantes.

Un exemple : en 2015, le deuxième plus grand fournisseur d’accès Internet australien a dû éteindre ses serveurs lors d’une vague de chaleur, après une panne de ses deux systèmes de refroidissement (source).

Nous pensions que nous aurions plus de 50 ans pour nous adapter, mais ce n’est pas le cas ! »

Paul Barford

Les GAFAM auront-ils le temps de sauver le réseau ?

D’un côté, Bezos et Musk rêvent d’un internet distribué par satellite.

De l’autre, Microsoft a lancé le projet Natick, qui consiste à plonger un data center de 800 serveurs au fond de la mer d’Écosse.

Affaires à suivre, donc !

🌊 Pourquoi plonger des serveurs dans la mer ?

Vers un internet sobre, local et durable ?

Pour Chris Adams, de la Green Web Foundation, internet ne peut être « vert » qu’à condition d’être exempt de publicité (cookies) et de streaming. Or, c’est justement ce qui permet de financer l’internet !   

Alors que faire ? 

On pourrait prendre exemple sur le lowtech magazine. Un site que j’affectionne tout particulièrement. 

Dans son appartement de la banlieue de Barcelone, Kris de Decker gère un serveur et son site, grâce à un petit panneau solaire.

Le site du Low-Tech Magazine est éco-conçu pour ne consommer que 0,77 mégaoctet de données, soit deux fois moins que la moyenne des pages web.

Le Low-Tech magazine ne fait pas de publicité et n’a pas de cookies. Conséquence : une page de ce site produit 0,24 gramme de CO2, soit 10 fois moins que celle d’un site classique.

La révolution que propose Kris de Decker est simple : limiter la vitesse d’internet. Les jours sans soleil, le low-tech magazine peut être inaccessible. 

Se déconnecter et ralentir : voilà la recette pour un internet vert ? 

Le petit plus : vous avez un site web ou souhaitez calculer son empreinte carbone ? Facile avec le calculateur créé par Web Wholegrain Digital.

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