acheter d'occasion

Rien de neuf, que de l’occaze. Mission impossible ?

Ne plus acheter d’objet neuf : une résolution qui permet de lutter contre le gaspillage, limiter ses déchets, soutenir l’économie circulaire, mais, surtout, de se préparer à un avenir où le neuf pourrait bien devenir aussi rare que cher.

« Cette année, témoigne Laurent, trentenaire installé à Ivry-sur-Seine, je me suis fixé l’objectif de ne rien acheter de neuf. Pour moi, c’était une position de principe très stimulante ! J’ai pris cette décision après avoir découvert qu’un jean neuf coûtait 49 kg de matière première – alors que je venais de m’en acheter 3 en soldes. Ce chiffre a joué le rôle de déclic pour moi ».

Là où son entourage n’a vu qu’une « lubie de bobo, qui va flâner dans les friperies, les vide-greniers et autres brocantes, à la recherche de babioles vintage », Laurent a ressenti tout le contraire. Pour lui, le « zéro neuf » est rapidement devenu un véritable mode de vie alternatif. « J’ai dû mettre en place de nouvelles habitudes… me mettre à la couture et au bricolage pour réparer ou faire moi-même. Avec ma fiancée, on s’est aussi posé beaucoup des questions : que faire si on a un enfant ? Vais-je louer mon costume de marié ? ».

Un article extrait de notre hors-série numérique : “La vie simple, c’est pas compliqué !” (à télécharger gratis).

De son année, Laurent a tiré un enseignement : « la pub, les gens, les habitudes… tout vous pousse à acheter et à acheter neuf. Personne ne nous a appris à coudre, ni à construire un meuble. Tout nous presse, tout nous culpabilise. Alors, soyez patient et ne vous laissez pas culpabiliser ! »

Dans une logique de vie post-effondrement, nous donnerons ici la priorité absolue au gratuit : le self-made, le prêt, le troc, le don… nous ne parlons de location ou d’achat d’occasion que comme ultime recours. Oui, on sait, c’est ra-di-cal.

questions
Voici les questions à vous poser avant chaque achat, par sorteztoutvert.fr.

Apprendre à faire soi-même

La 1ère étape est de vous chercher une machine à coudre en libre service ou d’occasion (cf la dernière partie de cet article) et d’apprendre à l’utiliser, ainsi que de récupérer un kit de base de bricolage.

Cherchez dans votre voisinage des tiers-lieux, où pourraient se tenir des ateliers ou des cours de couture et de mécanique “pour tous”. Vous pouvez chercher votre bonheur au sein du Réseau d’Échanges Réciproques de Savoirs ou de la Coopérative des tiers-lieux.

Sinon, le moteur de recherche vert Ecosia met en avant plein de ressources en ligne et de cours en présentiel pour vous en sortir.

Connaissez-vous les Ikea Hackers ? Leur truc : récupérer des meubles Ikea et en faire du mobilier sur mesure. Quels génies ces Suédois ! 

Troquer, prêter

Le mieux étant de ne pas acheter du tout, demandez-vous si vous allez réutiliser l’objet souvent. Sinon, tentez de l’emprunter gratuitement à un voisin, en échange d’un service ou d’un gâteau fait maison  ! Pour les livres, pensez toujours à la bibliothèque !

Une fois de plus, c’est autour de vous (voisins, amis, parents…), que vous pourrez trouver les meilleurs plans. Sinon, quelques plate-formes en ligne pourraient vous aider, comme :

Louer

Notre système économique laisse de moins en moins de place à la gratuité. L’échange d’appartement est devenu AirBnb. L’auto-stop est devenu Blablacar. Le « troc de l’île » est devenu une LeBonCoin.

Le troc, le don, l’échange de bons procédés… ces pratiques disparaissent au profit d’échanges mercantiles, même s’ils n’impliquent qu’une poignée d’euros. Il vous sera donc souvent difficile de trouver votre bonheur hors des circuits marchands.

Alors, parce qu’il est toujours mieux de ne pas acheter, mais qu’il est de moins en moins possible d’emprunter gratis, n’hésitez pas à fureter sur les sites de location entre particuliers comme

  • e-loue
  • zitok
  • bricolib
  • place de la loc
  • kiwiiz….

Lire aussi : Mille et une façons de s’occuper sans écran, ni électronique

Par défaut, achetez d’occasion

Longtemps, on a associé l’achat d’occasion avec la pauvreté, la radinerie et le fait d’acheter les poubelles des voisins (la fameuse friperie). Mais ça, c’était avant. Internet regorge aujourd’hui de boutiques en ligne de seconde main.

Bonne adresse : pour les passionnés de slow fashion, on recommande le mag Slow We Are ! Des marques (vraiment) écolo, des infos, de la chemise col-mao en chanvre. Que du bonheur ! 

Donnez la priorité à l’économie sociale et solidaire, comme Emmaüs, Ethic2hand, le réseau Envie (spécialiste de l’électroménager), ou les vide-greniers.org qui font vivre l’économie circulaire et participent à des actions de solidarité.

Au pire, il vous restera les start-ups de l’e-occaze (c’est toujours moins pire qu’Amazon) : ebay, cashexpress, le bon coin, luckyfind et selency (pour le vintage chic et cher), Marketplace de Facebook et Ojumble (pour les spécialistes qui achètent ou s’échangent au sein d’une communauté), vinted, recyclivre, percentil, micolet, mineka (pour les matériaux de construction), etc…

Dans  ce monde où nous sommes tous appelés à devenir “entrepreneurs de nous-mêmes”, le choix ne manque pas !