The Crown : et si la reine d’Angleterre devenait votre coach en slow fashion ?

Photo : Sophie Mutevelian pour Netflix

Si vous rêvez d’une garde-robe 100 % éco-responsable, sans vraiment savoir quoi acheter, ni où l’acheter, laissez la Reine Elisabeth II vous guider !

On sait ce que vous vous dite : le Reine d’Angleterre, c’est pas vraiment la reine des simplicitaires ! Eh bien… c’est vraim ! Mais notre rédac’chef a (quand même) regardé le 1er épisode de la saison 4 de The Crown avec attention, et a pris une leçon de slow british fashion.

Vêtements intemporels et pratiques

J’allais m’assoupir devant ma tablette, quand a démarré la séquence “Balmoral” de l’épisode introductif de la Saison 4. Jusqu’ici, je ne portait qu’un intérêt distant à The Crown. Mais là, mon oeil d’écolo-simplicitaire s’est mis à pétiller !

Détachant mon attention des dialogues plats et du jeu tout en torticolis de Josh O’Connor (Prince Charles), je me concentrais exclusivement sur les fringues de la royal family.

Je dois d’ailleurs tirer mon chapeau à la costumière de la série, Amy Roberts. Dans cet épisode, c’est comme si chaque vêtement incarnait le caractère intemporel de la monarchie britannique, tout autant que certains traits de caractère propres aux membres de la famille royale.

À propos de caractère, j’ai notamment retenu ce que la costumière de la première saison, Michele Clapton expliquait à Grazia il y a quelques années : “quand vous vous intéressez à la personnalité d’Elizabeth, vous apprenez vite que c’est une personne très pratique. Son amour de la campagne, son amour des chevaux – cette la commodité, la praticité, l’utilité passe par-dessus tout.”

Pour ceux qui, comme moi, consacrent leurs journées à accroître leur résilience et leur autosuffisance… les mots “intemporel” et “pratique” ont une signification bien particulière.

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The Royal Warrant Appointment

Retour devant mon écran. Soudainement sorti de ma torpeur, j’ai attrapé mon petit carnet et son crayon sur lequel je griffonne frénétiquement à toutes heures du jour et de la nuit, et j’ai commencé à prendre des notes : casquettes, pulls, chaussures, vestes, marinière, coats, fichu…

Dès le lendemain matin, j’ai entrepris de partir en chasse des marques qui habillaient la famille royale britannique.

J’ai ainsi découvert que la Reine, le Duc d’Edimbourg ou le Prince de Galles attribuaient à leurs “fournisseurs officiels” un titre : le Royal Warrant Appointment (traduire par “gage d’approbation royale”).

Ce titre prestigieux n’est décerné aux entreprises qu’après cinq années de bons et loyaux services, et si la qualité de leurs produits s’avère irréprochable. On compte actuellement près de 850 détenteurs du Royal Warrant (épiciers, pharmaciens, joailliers, plombiers…), dont 54 dans la catégorie vêtements.

Je me suis donc rué sur la liste de la Royal Warrant Association et passé une demi-journée à l’étudier. Malheureusement, j’ai constaté que le site était rarement mis à jour : près de 5 marques ont, fâcheusement, disparu, ou leur site n’est plus accessible.

Par ailleurs, j’ai noté la présence de quelques “multinationales”, qui font fabriquer leurs produits à l’étranger. C’est notamment le cas de la marque Burberry, née en 1856… mais dont la majorité des produits sont désormais made in China.

Malgré tout… j’ai pu dénicher cinq marques britanniques totalement slow fashion et de haute qualité, mais dont les prix restent accessibles.

Vous pouvez donc y aller les yeux fermés et profiter de leur shop en ligne pour compléter votre garde robe rustique chic !

charles à la pêche
Le Prince de Galles (Josh O’connor) à la pêche… aux infos, en écharpe de cachemire, pull style irlandais à grosses mailles de pure laine, et casquette plate en tweed.

Faisons un peu de shopping, voulez-vous ?

Avant de nous lancer dans du lèche vitrine numérique (et je peux vous assurer que vous allez baver sur votre écran) je me permets de vous préciser que j’ai écarté les marques inabordables. Exit les chaussures à 900 € l’une ! Oui, mais 30 € pour une paire de chaussettes ou 100 € pour une chemise, n’est-ce pas un peu abusé ? Si cette paire ou cette chemise vous durent 15 ans… non ! Grosso-modo, cet article m’a permis de comprendre qu’une garde robe slow fashion (haute qualité + longue durabilité + circuit court), exigeait un budget de 2000 € environ. Sachant que, selon Consoglobe, les Français dépensent en moyenne 600 € par personne et par an, ça remet les choses en perspective ! Une astuce : un an = un achat. Et si vous achetez d’occasion, ça va encore plus vite ! Comme il vous reste 10 ans d’ici l’effondrement – selon les informations que nous avons recencé dans cet article – autant vous y mettre dès maintenant !

Bernard Weatherill. Des vêtements “country” pour tous les jours. Une marque de fringues de chasseur (c-à-d in-cre-vables) installée à Savilerow, cœur du chic londonnien, depuis 1900 et qui fabrique toujours en Angleterre. Prix moyen par produit : 100 £.

Campbells of Beauly. Des pulls et des chaussettes en laine galloise et cachemire, confectionnés depuis 1892 dans leurs ateliers du Pays de Galles. Des produits magnifiques, dont les prix oscillent entre 20 et 100 £.

Hunter. Les meilleurs bottes en caoutchouc du pays. Fondée en 1856, la fabrique Hunter est devenue une icône du monde de la chasse. Avec la paire pour adulte accessible à 140 £, faut pas se priver !

Trickers. Le chausseur préféré du Prince de Galles. Bon, ok, ces brodequins de cuir, faits à la main, ne sont pas donnés. 500 € la paire ! Oui, mais Trickers reste le plus ancien chausseur d’Angleterre toujours en activité… since 1829 ! C’est pas tous les jours qu’on porte un morceau d’histoire à ses pieds. Et il y a de bonnes chances pour qu’il finisse aux pieds de vos enfants. Pour les parisiens, rendez-vous dans le 12è arrondissement chez British Shoes, 8 rue de Prague, pour les essayer.

Barbour. La marque est connue depuis 1864 dans le monde entier pour son “wax cotton jacket” (veste en Cotton ciré). On recommande, notamment, le modèle culte “Beaufort”, avec son col de velours côtelé et son gros zip. Il est toujours fabriqué en Angleterre, dans une usine de South Shields. Bon, ici aussi, on est sur une gamme de prix qui frise la barre des 500 €. Mais ce genre de paletot, bien entretenu, devient souvent le compagnon d’une vie !

Princesse Anne the crown
Princesse Anne (Erin Doherty), crapahute en jacket Barbour, pull pure laine, guêtres, chaussettes montantes, broquetins de cuir, et chapeautée d’une casquette de marin.

Attention aux tailles anglaises ! Pour vous y retrouver, rendez-vous sur un site spécialisé comme guidedestailles.com.

Evidemment, vous n’êtes pas forcés d’acheter britannique : je suis certain que le fabriqué en France vous ira aussi à ravir ! Vous pouvez, par exemple faire un tour sur le site des Marques de France ou à La Maison du Kilt (Paris 14è) qui vendent des tartans bretons. Malheureusement, ils ne semble pas pratiquer le “clique & collecte”…

J’espère, toutefois, que les fans de tweed – comme moi – auront pu apprécier ce petit moment de grâce vestimentaire ! Best wishes à tous !