13 livres collapsos à dévorer cet été  !

Essais, romans, BD : voici de quoi vous préparer à l’effondrement tout au long de l’été. Voyez ça comme des cahiers de vacances !

Les éditeurs ont parfois le nez creux… mais à ce point, ça frise le génie ! Pas moins de 10 livres collapsos-effondristes + 1 manuel survivaliste ont poussé comme des champignons en ce printemps confiné. De quoi vous occuper sur la plage (pour les fainéants), ou entre deux récoltes de légumes du potager (pour les braves)…

Lire aussi : Livres et collapsologie : notre sélection spéciale « résilient•e bibliophile »  

Vivre la simplicité volontaire, de Cédric Biagini et Pierre Thiesset

vivreDans cette nouvelle édition du livre, initialement publié en 2014, nous retrouvons des habitants des villes et des champs, qui ont décidé de vivre en toute simplicité : sans voiture, ni smartphone, et même sans frigo…

Ces dé-consommateurs, “en grève quotidienne contre le capitalisme”, racontent leurs parcours singuliers de “déclassés volontaires” et surtout leur lifestyle et les trésors d’imagination qu’ils déploient au quotidien pour s’extirper de la société de cons(ommation).

L’avis de la rédac : un cocktail hyper-inspirant pour toute personne qui souhaite passer en mode minimaliste. On ferme ce livre en se disant : “oui, c’est possible !

Et si l’effondrement avait déjà eu lieu ?, de Roland Gori

Le point de vue d’un psychanalyste sur la collapsologie.

Pour Gori, les croyances qui fondaient notre civilisation “techno-industrielle” se sont déjà effondrées, mais nous serions toujours “pris sous les décombres de cet effondrement”. Notre problème est que nous sommes incapables de penser l’avenir. Nous vivons dans une société zombie, dont les mots clés de progrès ou de liberté n’ont plus de sens.

Il nous manque les mots pour inventer un futur inédit. Pour tout comprendre à cette théorie, voici une interview très instructive qu’il a donné au micro de France Inter

L’avis de la rédac : une théorie intéressante, mais gâchée par un mélange de considérations politiciennes (notamment une critique des gouvernements actuels et précédents) et d’interminables phrases au langage ambigu, à la façon d’un séminaire de Jacques Lacan. Bref, on a du mal à s’y retrouver…

Destination fin du monde, de Robert Silverberg

Dans cette nouvelle dystopique de 60 pages, l’écrivain américain Robert Silverberg imagine une machine à voyager dans le futur permettant à quelques privilégiés d’assister à la fin du monde pour, ensuite, la raconter lors de dîners en ville. Le collapse est devenu un sujet de conversation à la mode et d’entertainment.

Ecrit au tout début de la pandémie de Covid-19, il s’ouvre sur cette excellente citation de Guy Debord : “nous ne voulons plus travailler au spectacle de la fin du monde, mais à la fin du monde du spectacle”.

L’avis de la rédac : un bon moment de lecture, qui ne marquera cependant ni votre mémoire, ni la littérature.

Voyages en effondrement, de Valérie Garcia et Marc Pleysier

Une excellente introduction au sujet, avec une jolie pointe d’humour et de second degré qui n’est pas pour nous déplaire à Escape the city… bien au contraire !

Les auteurs, habitants de l’éco-lieu “La ferme légère“, tentent de définir l’effondrement, ses contours, ses conséquences et, surtout les façons d’agir pour s’y préparer.

Lire notre entretien avec les auteurs : “Il est trop tard pour la transition. Faut accepter les effondrements à venir”…

Malédiction du pétrole, une BD par Fred Blanchard (dessins) et Jean-Pierre Pécau (scénario)

Une histoire de l’or noir : notre plus grande richesse, mais aussi notre plus grande malédiction, moteur du progrès et source de nos plus grands malheurs depuis 150 ans. Le récit d’une course vers l’abîme.

L’avis de la rédac : un récit intéressant, bien documenté. Seul le design laisse parfois à désirer : noir et blanc, répétition de cases… Il faut croire que la priorité à été donné au fond sur la forme.

bd

Le dernier Atlas, de F.Vehlmann, G.de Bonneval, H.Tanquerelle, F.Blanchard

Une trilogie uchronique démarrée en 2019 qui imagine une France des Trente glorieuses écolo et non pas industrielle… un choix qui change la face de notre pays. Porté par une bande de scénaristes et dessinateurs Nantais – la ville la plus écolo de France – la série imagine l’invention de robots nucléaires géants, dont l’oeuvre changea à jamais le cours de l’histoire du pays. Inspiré par les action de la ZAD de Notre-Dame des Landes, le scénario imagine un monde débarrassé des énergies fossiles.

Trop tard pour être pessimiste ! Ecosocialisme ou effondrement, de Daniel Tanuro

Un vigoureux pamphlet anti-capitaliste et éco-socialiste. Pour l’auteur, le capitalisme ne peut pas devenir vert. Le green new deal est un mythe, car le capitalisme ne peut sortir de la contradiction entre “l’infinitude de l’accumulation du capital et la finitude de la planète.”

Mais par quoi changer le système ? Un éco-socialisme fondé sur le tryptique : “produire moins, transporter moins, partager plus”.

Pour en savoir davantage sur l’éco-socialisme, voici un entretien d’1h30 avec Daniel Tanuro, intitulé “Ecosocialisme ou barbarie“.

L’avis de la rédac : Tanuro n’est pas un collapso. Il rejette d’ailleurs le point de vue effondriste, qu’il juge cynique et fataliste. Ses analyses du capitalisme sont cependant très intéressantes. Et il a l’art de la punchline, du genre : “on ne change pas un glouton en mouton“. De quoi faire quelques pancartes pour la prochaine manif d’Extinction-Rebellion !

Et toujours les forêts, de Sandrine Colette

On glisse ici un magnifique roman post-apocalyptique, qui raconte l’histoire d’un futur caniculaire où l’air est rare, la terre sèche, les pluies acides et la vie souterraine… jusqu’à une grande explosion. Esseulé dans une ville agonisante, Corentin va devoir survivre et sauver Augustine, son arrière grand-mère.

L’avis de la rédac : il y a du Robert Merle (Malevil) là-dedans. Un peu de La route de Cormac McCarthy aussi. Une histoire et un style qui tiennent en haleine. Une fable écolo et presque prophétique. La morale de l’histoire ? Même s’il n’y a plus ni refuge, ni d’espoir, il reste le forêts.

Dites à l’avenir que nous arrivons, la (r)évolution des conspirateurs positifs, de Mathieu Baudin

Le «  prospectiviste  » Mathieu Baudin n’en est pas à son premier essai. Connu pour ses séminaires intitulés “Au pire, ça marche”, il est directeur de l’Institut des Futurs souhaitables, un Think-&-Do-Tank qui prodigue des formations aux entreprises pour améliorer l’intelligence collective et trouver des solutions à la fin de CE monde… et pas DU monde.

Avec un optimisme offensif, l’historien nous appelle à “inventer et imaginer un futur souhaitable”. On y voyage dans le temps entre passé, futur et présent. De la smart city aux désastres climatiques, tout est passé en revue. L’auteur nous appelle enfin à devenir “conspirateurs positifs” pour agir à la transformation positive du monde.

L’avis de la rédac : on adore les punchlines du type : “L’âge de la pierre ne s’est pas arrêté par manque de pierres”. Malheureusement, la livre a du mal à aller plus loin. On est plus proche du fourre-tout répétitif et conceptualisant à la Jacques Attali que d’un bouquin de fond et de faits. D’ailleurs la présence de Joël de Rosnay (préface) et de Patrick Viveret (post-face), deux grosses machines à écrire du fast-book-tête-de-gondolé nous confirme notre intuition.

Générations collapsonautes, de Yves Citton et Jacopo Rasmi

Le point de départ de ce livre est la quasi-certitude de l’effondrement. Sur cette base, les auteurs (profs de littérature et de cinéma) envisagent la mutation vertigineuse que doit accomplir l’humanité pour survivre. Un changement d’une ampleur que “nous ne parvenons pas à croire” et qui nous hante. Alors comment dépasser cette peur qui nous paralyse  ? Réponse à l’intérieur du bouquin  ! -No spoiler rule

L’avis de la rédac : on aime l’exploration des scénarios d’effondrement, à la façon de cinéastes qui préparent un catalogue de films catastrophes pour Hollywood. Très inspirant (quoiqu’un peu flippant).

Survivalisme : Vivre sans le monde moderne, de Guillaume Magenties

Voici un bon vieux manuel de survie en milieu rural, tout ce qu’il y a de plus classique  : nourriture, eau, défense, santé, agriculture. Tout est passé en revue dans un style simple et précis. On est entre “le survivalisme pour les nuls” et le guide du permaculteur malin. Un bouquin de base, de bon sens, sans fioritures, ni blabla.

L’avis de la rédac : on a beaucoup aimé le côté “retour d’expérience” de l’auteur (15 ans de survivalisme quand-même), ses petites pointes d’humour caustique, et surtout les checklists de matos à la fin.

Voilà ce qu’en pense Vik GN, un survivaliste traditionnel, xénophobe et complotiste… (ben oui,  autant aller voir l’avis des premiers intéressés !)

Effondrement ou révolution ? De William Clapier

Le théologien William Clapier regarde l’effondrement sous l’angle de la spiritualité. Au risque de tomber dans le millénarisme new-age, il appelle à une transformation de nos modes de vie “à partir du spirituel ”  : lien avec la nature, éco-humanismes, sursaut intérieur…

L’avis de la rédac : un angle qui détonne, une plume solide et dynamique. Une lecture qui donne envie de se mettre au yoga du matin et d’arrêter de se moquer des gens qui enlacent des arbres. Utile et agréable  !

 

N’ayez pas peur du collapse !, de Loïc Steffan et Pierre-Eric Sutter

Quand deux  psys parlent de collapsologie, ça donne une lecture…étonnamment réjouissante  !  On y découvre les ressorts cachés de notre inconscient, les raisons de certains de nos comportements. On y lit des témoignages  inspirants.  Un dernier chapitre de méditations philosophiques pourra même convaincre les plus spirituels d’entre-vous.

L’avis de la rédac  : un livre riche pour les passionnés de psychologie, mais pas que  !

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La simplicité volontaire, vue depuis la station Deep Space 9 de Star Trek.