livre-collapsologie

Pourquoi l’effondrement n’aura pas lieu en 2022

À la question « croyez-vous à un possible effondrement de notre civilisation?», près de 70% des Français et des Italiens interrogés répondent “OUI”. Sommes-nous trop pessimistes ? 

Depuis quelques années, la théorie de l’effondrement (aussi appelée la “collapsologie”) connaît un véritable succès. Ce courant de l’écologie étudie le risque d’un effondrement de notre société techno-industrielle à cause du dérèglement climatique et de la pénurie de ressources fossiles. Et ses thèses sont de plus en plus relayées, notamment dans l’hexagone, comme le montre ce  sondage de février 2020.

Sur certains forums et groupes Facebook “collapsos”, certains évoquent même la perspective d’un effondrement dès 2022. À l’origine de cette accélération du déclin de notre civilisation : le COVID, bien sûr.

Effondrement…  ou effondrement(s) ?

La théorie de l’effondrement se fonde sur les multiples signaux d’alarme qui concernent aussi bien le climat que les ressources naturelles ou le système bancaire. Voilà pourquoi on peut parler d’effondrements au pluriel.

Pour en savoir plus, vous pouvez parcourir mon lexique de l’effondrement.

Le principal effondrement en cours est celui de la biodiversité et des ressources naturelles : changement climatique, disparition des espèces sauvages, perturbation des cycles de l’azote et du phosphore, acidification des océans, pénuries locales d’eau…

Mais d’autres sont à venir. Je pense notamment à la pénurie d’énergies fossiles qui se profile à l’horizon 2030. À ce propos, j’ai écrit un article intitulé “Peak oil is coming : ces 12 no-fun facts vont vous retourner le cerveau !” 

Pas d’apocalypse prévue pour 2022

Pour certains observateurs (que je cite ici), le big crunch, aussi appelé peak everything (en gros la fin des haricots) serait pour 2022. Selon eux, le Covid-19 aurait été l’étincelle qui enflamme le système économique et financier, conduisant au grand krach qui emportera tout sur son passage.   

Or, comme je l’explique dans cet article, le système financier tient encore solidement debout, malgré toutes les contorsions que les crises de 2008 et de 2020 lui font faire. Pour l’heure, le capitalisme s’est montré suffisamment élastique pour résister aux chocs subis à cause du COVID.

Une analyse que confirme le directeur de la recherche du Xerfi (une boîte de prospective financière) dans cette chronique. Olivier Passet y écrit que le “krach financier majeur” promis par certains n’aura pas lieu. Bien sûr, les Tesla et autres GAFAM sont survalorisées. Et il est vrai que la déconnexion des marchés avec l’économie réelle est inquiétante. Mais le retour de l’inflation et la remontée des taux directeurs des Banques Centrales ne provoquera pas nécessairement d’effondrement. La réduction progressive du quantitative easing (qui fait couler des flots de liquidités sur les fonds de gestion) et la lente remontée des taux d’intérêt peut assurer un atterrissage en douceur. Bref : tout, ou presque, est entre les mains des directeurs de la Fed et du FMI. Et on peut leur faire confiance pour préserver les intérêts des grandes banques et des ultrariches qui n’ont aucun intérêt à voir le système se cracher. 

Pas de dystopie

Enfin, je réfute la vision MadMaxienne d’un global collapse où tout s’effondre en même temps : les banques, l’Etat, les ressources naturelles. Ce scénario dystopique est contredit par les expériences d’effondrement actuelles, et notamment par l’exemple Libanais. Un pays en véritable effondrement, qui trouve cependant les ressources pour “adoucir” sa chute. Je me suis longuement penché sur le cas libanais pour cette enquête

Comme l’expliquent de nombreux collapsologues : la complexité de nos sociétés les rend à la fois plus fragiles et plus résilientes. Notre réaction face au COVID en atteste.

L’effondrement, c’est (déjà) maintenant !

En réalité, je crois que l’effondrement n’aura pas lieu… car nous sommes déjà dedans, et jusqu’au cou ! Waw le twist de fin d’article, pire que 6ème sens

Eh non, l’effondrement n’est pas une apocalypse brutale. C’est un processus lent, à l’œuvre depuis des dizaines d’années. Le “rapport Meadows”, publié en 1972, le prévoyait déjà ! Nous ne sommes pas dans une perspective survivaliste, mais dans le cadre d’un temps long.

Parfois, je me demande s’il ne faudrait pas dire “effritement” plutôt qu’effondrement. Mais dans effritement il y a “frite” et ça ne fait pas très sérieux.

Bref, l’effondrement, c’est un processus de dégradation lente de notre mode de vie. Pas de l’univers. Juste de notre “civilisation”.

Il n’est donc plus temps de procrastiner : puisque nous sommes DANS le processus, c’est que nous prenons le train en marche. Il devient donc urgent de nous organiser pour échapper à un collapse subi et violent.

Mieux vaut choisir son monde que d’y être précipité par les évènements. Il ne s’agit plus de préserver le futur. Mais de sauver le présent.

Zeen is a next generation WordPress theme. It’s powerful, beautifully designed and comes with everything you need to engage your visitors and increase conversions.