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École à la maison : grâce à nous, vous allez y arriver !

Mais oui, mais oui, l’école est finie ! En cas de collapse, l’accès à l’école sera plus qu’incertain : absence d’instituteur/trice, école à plusieurs heures de marche, pas de livre ni de cahier. Mais, alors… comment on éduque les gosses ? Vous allez voir, l’école DIY, c’est pas si compliqué. 

Avant tout chose, posons ici les principes de base d’une éducation alternative : 

  1. L’apprentissage passe par l’expérience pratique et pas seulement théorique. Nous le savons tous, un enfant ne prend vraiment conscience d’un danger que lorsqu’il se blesse. 
  2. L’interaction facilite l’apprentissage, alors favorisez l’apprentissage collaboratif. Bref, rien de mieux qu’une classe de plusieurs enfants !
  3. On apprend mieux si on doit résoudre des problèmes concrets… alors prévoyez des problèmes à résoudre (“si tu veux manger du gâteau, tu dois compter les parts et l’angle de découpe…” 😬)
  4. Impliquez les enfants en leur fixant des buts. Ces objectifs et ces projets facilitent leur acquisition. Evidemment, il ne s’agit pas ici d’acheter leurs réussite avec des bonbons ou de l’argent de poche, mais avec un système récompense symbolique positif.

En résumé : pensez concret et pas abstrait, pensez pratique et non didactique, pensez partage au lieu d’étalage (de connaissances).

Lire aussi : Transformer son appart’ en base autonome, c’est facile !

Parents : comment vous préparer ?

La première chose à faire, c’est d’oublier la pédagogie aléatoire que l’Education Nationale vous a faite subir et vous documenter sur la “pédagogie active”. Il s’agit de manières plus efficaces et moins formatées d’apprendre quelque chose à vos enfants (non vous n’êtes pas dans l’obligation de devenir expert.e en Montessori là tout de suite, mais quelques notions de cette école sont toujours bonnes à acquérir). 

Montessori au quotidien - La Maison des Maternelles #LMDM

Une fois ces notions comprises, méditées, documentées, vient la question de votre profil. Serez-vous un bon enseignant ? Il va falloir vous  évaluer.

  • Question 1 : quels sont vos domaines de connaissances préférés ?
  • Question 2 : quelles sont vos compétences certaines ?
  • Question 3 : où sont vos lacunes ?

Inutile de tricher, personne ne vous jugera si vous n’y connaissez strictement rien en trigonométrie ou en grammaire. Il vaut toujours mieux déléguer une matière à une personne compétente que de tenter de l’apprendre à la va-vite.

Faites un bilan entre vos compétences et vos préférences et répartissez-vous les pôles. Si vous êtes en famille élargie, avec grands-parents, oncles et tantes, convenez ensemble d’une répartition des tâches et des matières, de manière souple, évidemment. 

Quoi leur apprendre et comment ?

Une réflexion de fond s’impose : 

  • Faut-il conserver les connaissances « classiques » que vous avez acquises à l’école (français, histoire, géo, maths, etc.) ?
  • Faut-il inventer un nouveau type de programme, fondé sur le concret immédiat et utile ? 

Puisque notre rédac’ chef est normand d’adoption, on vous répondra : “les deux !”  

En effet, il sera toujours utile de connaitre l’histoire, la philosophie, la géographie, les mathématiques, la littérature et plusieurs langues étrangères. 

Oui, mais… il sera indispensable de compléter ces enseignements de culture générale, par des apprentissages bien plus pratiques, comme la préparation d’un semis, les bases de la maçonnerie, de la plomberie, les arts martiaux, la connaissance des plantes et des arbres, les bases de la couture, de la cuisine,  de la fabrication de conserves, etc… 

D’ailleurs, l’enseignant pourra tout à fait allier les deux.

Par exemple : enseigner le calcul à l’aide d’un calendrier des semis. Apprendre l’histoire tout en construisant des toilettes sèches, la philosophie en se référant aux situations tristes vécues dans le cadre familial. C’est cela la pédagogie active : l’expérience et la mise en pratique. 

frère et soeur
Le grand frère, par Paul Helleu

S’organiser au quotidien 

Faire l’école à la maison ne demande pas ni planning de ministre, ni organisation para-militaire. Un peu de bon sens, de rigueur et le tour est joué.

La reco du pro : établissez, en concertation avec vos enfants, un emploi du temps hebdomadaire dans lequel vous associerez leçons théoriques et mise en pratique. Evidemment, il ne faudra pas le même temps de préparation des cours si vous avez un enfant à la maternelle ou en 6e mais dans la mesure où il est pertinent de vous appuyer sur le contenu des livres officiels (après le collapse, vous aurez les plus récents comme base, après c’est une autre histoire), vous n’aurez pas un programme complet à établir. 

D’autant plus si vous adoptez une pédagogie concrète et pratique, tournée vers les besoins quotidiens et les compétences concrètes à acquérir. Chaque situation quotidienne vous fournira un matériau parfait pour donner une leçon concrète.

Cependant, prévoyez quand même, chaque jour, un cours “théorique”, pour ne pas laisser tout le monde dans la nature à la chasse aux champignon, sous prétexte que c’est “plus fun” qu’apprendre à lire. 

5 conseils par les experts de l’Université de Cambridge 

Dans un long article (à lire ici), l’Université de Cambridge a donné la parole à 5 experts en éducation sur les questions d’école à la maison. Voici leur meilleurs conseils :

Pour aider vos enfants à s’épanouir dans leur travail (scolaire) ils ont besoins de se sentir : compétent, autonome, connecté (aux autres). Trois principes tirés de la théorie de l’auto-détermination (elle vaut aussi pour le monde professionnel).

Cette théorie inspire plusieurs conseils simples :

  • Votre enfant fait beaucoup d’erreurs ? Encouragez plutôt ses progrès, dites vous que l’erreur C’EST l’apprentissage, et n’exprimez pas (trop) votre frustration.
  • Votre enfant n’a pas envie de travailler ? Et si vous lui laissiez choisir quelle matière vous aller bosser aujourd’hui ?

Les études montrent que les parents sont souvent de mauvais profs de math. Pourquoi ?

Parce qu’ils ne savent pas expliquer simplement leur raisonnement : ils vont au tout de suite au résultat. Pensez-y !

Il n’y a pas que les “contes” dans la vie, il y a la “non-fiction” pour enfants aussi.

Et ils en raffolent (parfois plus que la fiction). La preuve : ils kiffent les documentaires animaliers et des journaux pour enfants ! Alors pourquoi ne pas partir (avec eux) à la recherche d’une histoire sur nonfiction.fr

Le saviez vous ? Cambridge a sur son campus un LEGO Professor of Play in Education, Development and Learning (son nom : Paul Ramchandani)… ah, c’est beau le capitalisme !

Dans une journée, vos enfants peuvent avoir 3 temps de jeu.

  • Un temps de “jeu structuré” (jouer aux dés entre eux ou avec vous, en respectant des règles)
  • Un temps de jeu d’apprentissage (faire un collage avec des lettres sous votre supervision),
  • Un temps de jeu libre.

Le must est d’attribuer un espace à chaque temps de jeu (par exemple : le salon pour le structuré, la salle à manger pour l’apprentissage et leur chambre pour le temps libre).

La radio : le meilleur moyen de les occuper sans écran !

Voici trois stations consacrées aux enfants à écouter sans modération :