“Je suis tombée dans la collapsologie, et ça fait mal ! » [témoignage]

Pour Cindy, une jeune journaliste, la découverte de la collapsologie et du concept d’effondrement a chamboulé beaucoup de certitudes. Mais après un moment de choc et d’anxiété, elle évoque une prise de conscience et de recul sur son mode de vie.

Voici une semaine que j’ai commencé mon stage pour ce média écolo. Confinée dans ma chambre, je reste allongée sur mon lit, un peu en overdose d’articles, de vidéos et de podcasts sur la collapsologie.

Mon cahier est noirci de mots étranges. Cornucopien, solastalgie, futurs désirables, communalisme…Chaque jour, c’est une nouvelle découverte sur l’état de la planète, le réchauffement climatique, l’effondrement de la biodiversité et les risques de collapse de notre société. J’ai l’impression de me noyer avec toutes ses révélations.

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Quand la peur prend le dessus

« On va s’effondrer, ce sera le vandalisme dans les magasins ». « C’est imprédictible, dramatique, qu’il pourrait y avoir de la violence […] des horreurs ». Je commence à comprendre le sens du mot éco-anxiété. Dans mon écran, Yves Cochet – un ancien ministre de l’environnement – et Vincent Mignerot (fondateur de l’institut Adrastia qui traite du collapse) m’envoient claques sur claques.

J’avais déjà entendu parler du collapse. Mais mon image du sujet était assez floue. Mais, maintenant que je me la suis prise dans la gueule, je commence à y voir plus clair !

Avant de m’y plonger, j’étais passée totalement à côté. J’ai dû le croiser, une fois ou deux, dans des vidéos, des articles… mais ça n’a pas tilté. Aujourd’hui, ça m’étonne de ne pas en avoir davantage entendu parler, parce que, la fin du monde… c’est quand même un gros dossier, non ?

On entend à longueur de journée qu’une catastrophe écologique nous pend au nez. Mais c’est comme si personne n’écoutait vraiment les collapso, qui annoncent que ces dérèglements mèneront à “l’effondrement” d’ici 2050 ou même 2030 !

C’est comme si j’avais développé un mécanisme d’autodéfense : mes oreilles se bouchent à l’écoute de ce mot “effondrement” qui me fait super-peur. Pour moi, c’est la fin de tout. C’est la fin du monde. C’est l’apocalypse. Ça me fout la trouille et je préfère zapper.

De par mon éducation catholique, je voyais l’apocalypse à des années lumières de moi et de ma famille .

C’est vrai, l’idée de la fin du monde a toujours trotté dans un coin de ma tête. Mais pas de cette façon. J’imaginais une météorite, une guerre nucléaire, un virus super mortel…. Bref, le genre de truc qu’on croise dans une série Netflix !

Mais ce qu’expliquent les tenants de la collapsologie, c’est que la fin du monde viendra -, tout “simplement” -, du dérèglement climatique et de l’épuisement des énergies fossiles. Rien de très spectaculaire. Et pourtant, cette perspective m’a complètement glacé le sang.

Fin du monde ou fin de ce monde ?

Pourquoi suis-je dans le déni ? Comment expliquer le désintérêt des gens pour la théorie de l’effondrement ? Les collapsologues en font-ils trop ? Voilà le genre de questions qui me prennent la tête en ce moment.

Au début, je prenais les collapso pour des survivalistes complotistes. Je trouvais leurs idées complètement absurdes et paranoïaques.

Jusqu’à ce que je comprenne que l’effondrement, n’est pas la fin DU monde, mais la fin de CE monde. Ou plutôt, la fin de notre mode de vie ultra confortable et bourré de technologies.

Depuis quelques jours, j’ai compris que les collapso ne sont pas des survivalistes qui se préparent à l’apocalypse en faisant des stocks de conserves et d’armes. Mais qu’ils représentent plutôt une mouvance assez radicale de l’écologie.

D’après eux, nous sommes le cœur du problème, parce que nous n’avons rien fait pour éviter la destruction de l’environnement.

C’est vrai que, moi-même, je n’ai pas adopté de véritable gestes pour sauver la planète. Le nier serait malhonnête. Mis à part les quelques fois où j’ai tenté de faire du recyclage… Mais elles ont été un échec., car chassez le naturel, il revient toujours au galop !

Je n’ai plus peur des collapso. J’ai peur de ce que nous faisons à la planète

Ce qui me fait peur, c’est que les hypothèses et les statistiques données par la collapsologie semblent logiques et rationnelles. On le remarque avec les espèces en voie de disparition ou le réchauffement climatique qui cause des canicules, des cyclones et j’en passe…… tous ont été anticipés par les chercheurs et les prévisionnistes.

Pour moi, le réel électrochoc, c’est le feu qui a duré 9 mois dans la forêt amazonienne à cause de la canicule. Ces nombreux événements sont des sonnettes d’alarme. Et, nous n’y faisons pas attention.

La peur a changé de camp

Désormais, ce ne sont plus les collapsonautes qui me font peur mais le comportement des gens. Je ne peux pas affirmer comprendre la collapsologie à 100%, mais leur réflexion est très cohérente avec ce que l’on vit actuellement.

Les ruées au supermarché au début du confinement qui a provoqué des pénuries de farine, de papier toilette, de couches-culottes, etc, révèle l’individualisme de la population.

Les « PQ panics » qui ont eu lieu lors du premier confinement, sont un avant-goût de ce qui pourrait arriver en cas d’effondrement. Nous sommes dans une ère de la loi du plus fort, il serait temps de déconstruire cette pensée pour avancer.

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